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Depuis quelques jours, le quartier général de campagne d’Ibrahim Boubacar Keïta résonne de musiques et de louages à l’honneur des fidèles soutiens du candidat qui vient d’être élu président de la République du Mali. Le rythme s’est accentué ce 20 août, juste après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 11 août. En marge de ces manifestations, que fait le nouveau chef de l’Etat ?

Après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle, l’exigence constitutionnelle impose au nouvel élu d’entrer en fonction dans deux semaines. Le temps qui nous sépare de cette échéance sera mis à profit par l’intéressé à remettre de l’ordre dans ses idées. La première tâche en vue est de constituer une équipe gouvernementale irréprochable ; celle qui sera à la dimension des attentes de la population.

«Il y a de cela trois ans, je rencontrais Ibrim [appellation d’IBK par des amis] au moins trois fois par semaine. Mais ces derniers temps, on n’arrive plus à se voir», confesse un proche collaborateur du président élu. Notre interlocuteur a ajouté : «Dans la plupart des cas, je le trouvais seul dans sa cour, avec une radio».

Le nouveau président est-il déjà inaccessible ? Les «nouveaux soutiens» et les exigences sécuritaires qui siéent à son rang ont bouleversé les habitudes d’Ibrahim Boubacar Keïta qui «se trouve toujours dans la réflexion» pour le choix du futur premier ministre. Elu avec 77,62 % des voix, le plébiscite est à l’image de la ruée des partis et cadres vers le nouvel homme fort du Mali.

Quitte à faire face à un dilemme : le choix entre ses anciens fidèles lieutenants et ceux qui l’ont cru à la perspective des élections générales de 2013. Ces derniers contingents sont réunis au sein de «l’alliance IBK2012» rebaptisée en 2013 «coalition le Mali d’abord», regroupant plus de 70 partis, associations et mouvements politiques.

L’entourage d’IBK regorge également «d’hommes de confiance» au sein de la diaspora, y compris dans les organisations internationales. Cette panoplie de ressources ne semble paradoxalement pas laisser le choix facile au président élu. «On ne sait pas s’il choisira un ancien collaborateur ou une nouvelle personnalité comme premier ministre», conclu notre interlocuteur.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 22 Août 2013