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Des indiscrétions venant de l’ex-junte militaire révèlent que le Capitaine Amadou Haya Sanogo a été conseillé, par ses compagnons, de refuser le poste de 1er vice-président du Haut conseil d’Etat (HCE) pourtant équivalent du Vice-président de la Transition, dit-on. Les camarades du Capitaine de l’ex-junte lui demandent également de se contenter seulement de diriger le Comité militaire de la réforme de l’armée et de la sécurité intérieure du pays.

Nous sommes à la seconde quinzaine de la formation du gouvernement d’union nationale, et l’horizon politique malien n’est toujours pas éclairci car ni la classe politique, ni la société civile, encore moins l’ex-junte militaire, ne semblent vouloir réaliser l’unité autour de l’essentiel : la fin de la crise malienne. C’est que les préoccupations des uns ne rejoignent pas celles des autres. En effet, la création de certaines nouvelles structures étatiques proposée par le Président Dioncounda Traoré a reçu un accueil très froid parmi de nombreux sceptiques. C’est que beaucoup de Maliens n’arrivent pas à bien cerner tous les contours de ces structures à créer.

Pourtant, la mise en place de ces organes était prévue après les quinze premiers de la formation du gouvernement d’union nationale. Malheureusement, rien de clair ne filtre encore concernant cette création de nouvelles. Mmais selon leur initiateur, la création de ces organes vise à atteindre les objectifs fixés par la transition afin que cette dernière soit acceptée par tous. Par ailleurs, pour le moment, les consultations trainent à aller vers la fameuse future concertation nationale. Deux « ouvriers » en la matière ont déjà des problèmes au sein de la COPAM : il s’agit de Hamadoun Amion Guindo et d’Adama Traoré qui deviennent ainsi les premières victimes collatérales de l’après-crise ou du moins de la formation du gouvernement d’union nationale.

Le Capitaine Sanogo prend ses distances envers les politiciens

Le Capitaine Amadou H. Sanogo ne veut pas entrer dans ce « jeu d’équilibriste » (la création de nouvelles structures) proposé par Dioncounda Traoré. Il ne tient pas non plus à se retrouver comme « tapon » entre le Président de la transition et le Premier ministre, car à ses yeux, ce poste de 1er vice-président de la transition à lui proposé ressemble fort à cela. Selon des indiscrétions venant de Kati, le Capitaine Sanogo a été convaincu par ses collègues de l’ex-junte militaire de ne pas se laisser entraîner dans le jeu politique.

Aussi, ont-ils souhaité que le Capitaine accepte seulement la présidence du Comité de réforme militaire de l’armée malienne et de la sécurité intérieure dont le Capitaine Sanogo aurait finalement choisi de se contenter après moult tractations, surtout que ses amis militaires et ses proches le conseillent tous de refuser ce poste de 1er vice-président de la transition car ils ont jugé que ledit poste est non seulement trop exposé, mais qu’il ressemble à un appât politique. Ils lui ont également demandé de prendre ses distances par rapport au « joug des politiciens ». Aussi, le capitaine a finalement décliné l’offre du poste de 1er vice-président de la transition. Mais la question qui reste en suspens dans tout cela, c’est de savoir : Dioncounda Traoré reste-t-il encore un des maîtres du jeu politique ?

Oumar Diakité et S. Koné

Le Combat du 5 Septembre 2012