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Le Premier Ministre Choguel Kokalla Maïga va-t-il signer son retour effectif à la tête du gouvernement ce lundi ? Le chef de la Transition hésite-t-il à donner son feu vert pour cette remise en selle du … choguelimse dérangeant pour les uns et rassurant pour d’autres ?

Après presque 4 mois d’inactivité pour un état de santé détérioré, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga a été reçu en audience le vendredi dernier par le président de la Transition, et a annoncé son intention de reprendre ses fonctions dans les prochains jours. Et il a soutenu qu’il revient au chef de l’Etat de décider de la date de son retour plein et entier à son poste de chef du gouvernement. Mais de nombreux analystes se sont montrés prudents sur cette annonce, précisant qu’il aurait fallu que cette intention soit confirmée, dans la foulée, par un communiqué officiel de la présidence de la République. Ce qui laisse penser que cette fin d’intérim n’est pas encore constatée, ni prononcée ; d’où des supputations sur la convergence de vue entre le chef de la Transition et son Premier ministre ou entre le chef de l’Etat et ses alliés colonels, véritables hommes forts du pays. La reprise de fonctions du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga est-elle source de discorde ou fait-elle l’objet de désaccord entre les cinq colonels réputés vrais détenteurs du pouvoir au Mali ? Possible !

En effet, c’est presque quatre mois après son « repos médical forcé » que le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a annoncé sa disponibilité et sa capacité à reprendre ses fonctions à la tête du gouvernement. Est-il définitivement rétabli et à nouveau apte à relever les exigeants défis de chef de l’action gouvernementale ? Apparemment, l’homme a retrouvé ses aptitudes physiques et intellectuelles, mais son repos a-t-il créé des appétits en vue de son remplacement ? Rien n’est moins sûr !

Il semble que les officiers supérieurs auteurs du renversement du régime IBK ne soufflent plus dans la même trompette quant à l’agenda du changement du Premier ministre. Ceci, dans la dynamique du réaménagement du gouvernement recommandé par les assises nationales de la refondation de décembre 2021. Et, presque un an après ces assises, rien n’a été fait dans ce sens, si ce n’est l’élargissement du CNT, qui lui aussi a connu un attentisme plutôt intriguant. Donc, le repos médical du Premier ministre a été considéré comme une occasion rêvée pour insuffler du sang nouveau à la gestion des affaires publiques. Mais, des agitations et impatiences des fervents partisans de Choguel Maïga ont freiné les ardeurs des « colonels putschistes », pour le débarquer purement et simplement et le remplacer par son intérimaire, le Colonel Abdoulaye Maïga.

Or, cette prolongation de l’intérim a permis à ce non moins ministre porte-parole du gouvernement de prendre des galons dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat, au point de rêver de son installation définitive dans le fauteuil du Premier ministre. N’a-t-il éloquemment représenté le Mali à la dernière assemblée générale de l’ONU à New-York, à la 27ème conférence sur les changements climatiques en Egypte ? N’a-t-il  pas présidé diverses importantes rencontres nationales comme chef du gouvernement tant avec les entités de la Nation (forces vives) qu’avec les partenaires multilatéraux ? Toutes ces phases de gouvernance n’ont-elles pas fait venir de l’eau à la bouche du Premier ministre intérimaire, dont le sens de la mesure, l’humilité et la recherche du consensus avec les acteurs sociopolitiques sont souvent salués ? Rien n’est moins sûr.

Par ailleurs, il nous revient qu’avec l’apparition de quelques divergences de vues au sein de la majorité des forces de soutien à la transition, certains acteurs majeurs se sont désolidarisés du soutien au Dr Choguel Kokalla Maïga. Ils n’hésitent plus à pourfendre les prises de positions antérieures du Premier ministre de transition, porte-parole du comité stratégique du M5-RFP. Celui-là même qui avait refusé de céder ce poste politique et partisan à la tête du mouvement démolisseur du régime IBK.

Enfin, certains acteurs politiques estiment que pour mieux préparer les élections et maximiser leurs chances de réussite, il nommera à la tête du gouvernement un Premier ministre non partisan. Or, Choguel Maïga est non seulement chef du parti MPR, mais aussi chef du M5-RFP, qu’il veut transformer en une entité de conquête du pouvoir d’Etat. Ce qui l’incite à tirer souvent à boulets rouges sur les autres acteurs politiques, vus comme de potentiels adversaires pour l’atteinte de ses objectifs politiciens. Tous ces calculs laissent-ils le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta indifférent ? Ne serait-il pas embarrassé par la perspective d’un retour en force de celui qu’on qualifie désormais de chantre du… « choguélisme » ? Rien n’est moins sûr.

Boubou SIDIBE

Source: maliweb.net