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Après la rétrocession des bâtiments du gouvernorat et de l’ORTM de Kidal à l’Etat malien par les bandits armés du MNLA la semaine dernière, les pourparlers de paix sur le nord Mali vont reprendre bientôt. Seulement, à en croire Me Harouna Toureh, le leader des Forces patriotiques de résistance (FPR) la Mission internationale des Nations unies pour le soutien au Mali (MINUSMA) fait preuve d’une discrimination à l’égard de son mouvement et du mouvement arabe de l’Azawad (MAA) en refusant que ceux-ci soient parties prenantes aux discussions et non comme simplement des observateurs.

Le gouvernement malien est disposé à reprendre langue avec les mouvements armés qui écument le nord du pays avec la ferme volonté d’aboutir à une paix définitive. Le seul point d’achoppement était l’occupation des locaux du gouvernorat de Kidal et de la station ORTM de la ville depuis neuf mois par les éléments du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). En rétrocédant ces bâtiments, après les avoir saccagés et brûlés, à l’Etat malien le jeudi 14 novembre dernier, le MNLA et le HCUA semblaient accepter l’offre de dialogue. Seulement, même si Bamako ne fait plus du désarmement et du cantonnement des groupes armés un préalable aux discussions, elle tient désormais à ce que les discussions se poursuivent sur le territoire national.

Par la voix du ministre des Affaires étrangères, Zahabi Ould Sidi Mohamed, les autorités, tout en rappelant que l’intégrité du territoire et la laïcité de l’Etat ne sont pas négociables, ne veulent plus aller ailleurs pour une discussion entre Maliens. » Les négociations doivent avoir lieu sur le sol malien avec son gouvernement légitime » a dit Zahabi.

Selon Me Harouna Toureh, ce qui est à déplorer dans la phase de dialogue décisive qui va commencer bientôt, » c’est la volonté délibérée d’exclure certains groupes des discussions « . A l’en croire, » au terme de l’Accord de Ouagadougou et de l’acte d’adhésion du MAA et des FPR, ces deux mouvements armés deviennent des parties prenantes aux négociations. Il est dit également dans les documents que le MAA et les FPR doivent participer effectivement aux travaux du fait de leur adhésion à la Commission technique mixte de sécurité et au comité de suivi et d’évaluation de l’accord « .

Pour le leader des FPR, à l’analyse de l’Accord préliminaire et de la déclaration d’adhésion, aucune formalité n’est exigée pour que les deux mouvements soient membres des deux comités et pour participer à leurs travaux. Depuis la signature de l’Accord de Ouaga, explique-t-il, la commission mixte de sécurité que préside le Général rwandais Jean-Bosco Kazura, s’est réuni au moins 15 fois à Ouagadougou, Bamako et Kidal sans la présence du MAA et des FPR. De même, le comité de suivi s’est réuni au moins trois fois et les deux mouvements n’ont jamais pris part à ces réunions comme l’exige l’Accord de Ouagadougou.

Selon Me Harouna Toureh, le MAA et les FPR représentent plus de 90% de la population des 3 régions du nord. Il se demande à quoi joue la MINUSMA, qui, déplore-t-il, se montre hostile à associer ces deux mouvements aux discussions. » Fait-elle exprès pour exclure des futurs pourparlers décisifs les mouvements armés représentant l’immense majorité des populations du septentrion malien dans le but de les frustrer ou de les humilier? » s’interroge-t-il

Pour ce leader des mouvements armés Ganda Koy et d’autres milices d’autodéfense, la MINUSMA n’est pas disposée à parrainer des pourparlers effectivement inclusifs pour une paix définitive au nord du Mali car elle semble tout mettre en oeuvre pour faire durer la crise…

» Les deux mouvements ont fait toutes les démarches possibles avec y compris l’assistance du ministère de l’Administration territoriale et du ministère de la Réconciliation nationale et du développement des régions du nord, rien n’y fit « , regrette-t-il. Avant d’adresser ses félicitations au gouvernement pour ses efforts dans le sens de la recherche de la paix. Signalons que tous nos efforts pour joindre les responsables de la MINUSMA à propos de ces informations sont restés vains.

Bruno SEGBEDJI

L’Indépendant du 21 Novembre 2013