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Le processus électoral enclenché depuis le dernier trimestre 2006 franchira ce jeudi une phase importante avec l’impression des cartes d’électeurs dont le coup d’envoi est donné par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna en présence du président de la Céni et de la DGE.

Ce dernier avait, au cours du club de presse de Radio Klédu tenu il y a deux semaines, justifié le retard accusé dans cette mission d’impression des cartes d’électeurs par des difficultés liées à la sectorisation des électeurs nomades, l’affectation des bureaux de vote aux Maliens de l’extérieur, entre autres. Le colonel Siaka Sangaré avait ajouté ne pas pouvoir dire le nombre d’électeurs ni celui des bureaux de vote. Toutes choses qui devraient être connues ce jeudi.

Reste maintenant le crédit à apporter à ce fichier par les principaux candidats ou regroupements politiques. En tous les cas, le colonel Siaka Sangaré toujours au cours de club de presse, avait affirmé que la DGE travaillait en toute indépendance. « Elle fait de la neutralité, de l’impartialité et de l’efficacité son credo », avait-il précisé.

Si, pour l’heure, aucune voix contestataire du travail accompli par la DGE ne s’est élevée du côté de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, pro-ATT), tel n’est pas le cas au sein du Front pour la démocratie et la République (FDR). Le porte-parole de ce regroupement de partis politiques et associations, Djiguiba Kéita dit PPR, joint par téléphone hier, a confirmé que le FDR allait demander un audit du fichier électoral.

Une quête pertinente

« Le FDR est en train d’étudier les démarches à suivre dans ce sens », a indiqué son porte-parole. Si cette doléance du FDR venait à être soumise à qui de droit, elle devrait être prise en compte parce que le souci de tous est de parvenir à des élections transparentes et crédibles avec moins ou pas du tout de contestation. Mais cette démarche du FDR à demander un audit du fichier est-elle vraiment fondée ?

La réponse est naturellement oui pour deux raisons fondamentales. La première trouve son origine du fait que le fichier électoral est l’une des pièces maîtresses d’une élection. Il renferme l’ensemble des électeurs. C’est dire donc que si tel ou tel candidat n’a pas les noms de ses militants sur le fichier électoral, ces militants n’auront pas de carte d’électeur et dans les conditions normales ne pourront pas voter. C’est aussi à partir du fichier électoral que se fait la répartition des bureaux de vote entre les électeurs. On procède au verrouillage du fichier pour éviter des possibilités de fraude par des rajouts ou soustractions de noms. L’audit du fichier électoral permet donc de se faire une idée de l’ensemble de la situation des électeurs, des bureaux de vote.

La seconde raison pourrait résider dans le manque de confiance palpable entre les principaux acteurs de l’échiquier politique national que sont l’ADP et le FDR. Depuis qu’ils ont été mis sous les fonts baptismaux, le fossé de la confiance et du fair-play s’est davantage creusé entre les deux entités politiques ADP et FDR où l’on observe une montée du mercure.

L’attitude du FDR est compréhensible au regard des évènements qui dominent la scène politique nationale, entre autres, il faut citer les actes posés par des hauts responsables de l’administration qui sont astreints à une neutralité, les multiples soutiens « sans condition et sans réserve » et le mutisme de Koulouba sur ces différents événements.


Denis Koné

15 mars 07