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Le DG de l’ORS a mis à profit sa tournée pour asséner certaines vérités et faire des mises en garde à l’endroit des sous-traitants des parcelles rizicoles et de ceux qui ne respectent pas le calendrier agricole.

« Avec ‘l’Initiative riz’, nous ne pouvons plus permettre à une seule personne de s’accrocher à 20 hectares alors qu’elle ne peut pas atteindre le résultat escompté. Ce n’est pas équitable et je mettrais fin à la mauvaise répartition« , a averti M. Dénon.

Se voulant pragmatique, il a laissé entendre que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. Et de poursuivre que le 20 juillet est retenu pour le début du calendrier agricole.

« Tous ceux qui ne respecteront pas le cahier de charges verront leurs parcelles affecter à d’autres producteurs« , a-t-il renchéri. Il s’est engagé à octroyer des parcelles aux femmes, mais de préciser qu’elles ne seront pas attribuées au nom d’un groupement ou d’une association mais individuellement.

« Les femmes qui le désirent auront individuellement une parcelle. Mais je vais supprimer l’attribution au nom d’un regroupement féminin sans pourtant dissoudre l’association« .

M. Dénon a jugé inadmissible la divagation des animaux partout où il est passé. Il a instruit aux paysans de constituer des brigades en rapport avec les autorités administratives et communales pour conter le phénomène.

M. D.

« On est où là » ?

On voulait le pluralisme, la liberté de presse et d’opinion… afin de bouter hors du pays la pensée unique, source de stagnation. Mais, 17 ans après et en dépit « d’avancées », le Mali n’en mène pas large.

La liberté de presse a été bafouée avec la condamnation de journalistes, il y a moins d’un an ; le multi-partisme a été malmené à partir de 2002 par des hommes politiques qui n’ont trouvé mieux que de s’aplatir face à un indépendant au nom d’un consensus naguère voué aux gémonies.

Malgré ces verrues sur notre visage, on ne cesse pourtant de chanter sur tous les toits l’exemplarité de notre processus. Quelle autodérision

!
On nous avait promis la juste répartition de la richesse nationale, la bonne distribution de la justice, l’équité, la solidarité… Or, à ce jour, seuls quelques « bienheureux », qui gravitent autour du pouvoir telles des mouches attirées par un cadavre, tirent leur épingle du jeu.

Adieu la méritocratie ! Vive la République des laudateurs ! Moralité : tous les obstacles au développement, à commencer par la corruption, la dilapidation des ressources publiques, le népotisme, le copinage et l’absentéisme au travail… sont là et se portent bien.

On nous avait promis une administration moderne où le maître mot serait la récompense du mérite et la sanction de la faute.

Aujourd’hui, rien de nouveau en dehors de l’apparence (bâtiments badigeonnés, équipements en matériels informatiques, dotations en luxueux 4×4 tout au plus), l’administration reste égale à elle-même, c’est-à-dire non pour servir la nation mais entre les mains d’une minorité pour exploiter les pauvres usagers.

Ici, le plus petit service gratuit, le plus petit acte se marchande et se vend comme dans un marché aux puces. Le fonctionnaire qui ne gagne pas suffisamment dans cette course effrénée au gain facile, ne reste jamais en poste de 7 h 30 à la descente, d’où les embouteillages à n’en pas finir en circulation aux heures de travail.

On nous avait convaincu de la légitimité du combat de l’AEEM, pour une « école performante et apaisée ».

Or, jusqu’en 1991, les élèves et les étudiants ne se mettaient pas martel en tête sur la couleur de l’année. Après des années facultatives et blanches, ne voilà-t-il pas qu’on leur suggère « l’année jaune » ? (…) Faut-il un jour s’attendre à une « année noire » ? Toujours est-il que la génération des années 1990 peut encore s’estimer heureuse au vu de la situation présente.

On nous avait promis le plein emploi, cependant des milliers de jeunes diplômés restent toujours en rade des concours, car pour décrocher un job, aujourd’hui plus qu’hier, il faut avoir les bras longs d’un singe.

On nous avait promis paix et sécurité, mais ne vous hasardez surtout pas sur les routes du Nord, infestées de bandits de grand chemin. Avec la méchanceté gratuite, découlant de la pauvreté ambiante qui a poussé la majorité dans ses derniers retranchements, on vous briserait aussi le crâne pour vous dépouiller en plein midi devant des témoins impassibles.

Mais « on est où là » au juste ? Au pays où les détracteurs de la démocratie peuvent rire sous cape, en raillant notre modèle, où la porte du progrès se ferme inexorablement. On est au pays où les martyrs peuvent donc se retourner dans leurs tombes et regretter leur sacrifice. Et ça, ce n’est pas sympa de notre part.

A. M. T.

19 Mai 2008