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Les responsables de la COPAM , le secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, l’ancien ministre Younouss Hamèye Dicko et le professeur Rokia Sanogo, ont été condamnés, le mardi 28 août, à six mois de prison avec sursis à l’issue d’une audience du tribunal correctionnel de la CIII présidée par Karamoko Diakité. Ils sont accusés de troubles à l’ordre public, le 21 mai 2012. Lesquels troubles ont abouti à l’agression physique du président de la transition Dioncounda Traoré dans son bureau au palais de Koulouba. Les trois responsables de l’association Yèrèwoloton ont été aussi condamnés à la même peine.

Le procès des leaders de la coordination des organisations patriotiques du Mali et de l’association Yèrèwolo ton avait été renvoyé le 31 juillet dernier à l’audience d’hier 28 août. Les prévenus comparaissaient pour » trouble grave à l’ordre public à travers l’obstruction de la circulation, l’érection de barricades et violences… « .

Les responsables précités organisaient une convention nationale le 21 mai visant à investir le capitaine Amadou Haya Sanogo comme président de la transition en lieu et place de Dioncounda Traoré.

A la barre, les leaders de la COPAM ont nié en bloc toute implication dans les événements qui se sont déroulés le 21 mai à Bamako. Leur avocat, Moussa Keita, n’exclut pas un recours contre cette condamnation. Boubacar Boré, Yacouba Niaré et Mamadou Sangaré, tous trois des responsables de l’association Yèrèwolo Ton, qui avaient d’ailleurs séjourné à la maison centrale d’arrêt de Bamako et qui bénéficiaient d’une liberté sous caution, ont également été reconnus coupables et condamnés à la même peine.

Il est à noter que les avocats des organisations pro-junte n’ont pas exclu d’interjeter appel contre cette décision.

Faut-il rappeler que quelques jours après l’agression du président de transition, le gouvernement a ouvert une information judiciaire pour « tentative d’assassinat « . Une cinquantaine de personnes avaient été entendus ; parmi lesquelles d’éminents hommes politiques, des syndicalistes et d’anciens responsables maliens. Certaines personnes avaient été mises à la disposition de la justice, d’autres relâchées.

Les trois inculpés étaient des responsables de « Yèrè wolo ton« , une des associations membres du Mouvement populaire du 22 mars (MP22) et de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), deux groupes pro-putsch hostiles au maintien de Dioncounda Traoré comme président de la transition.

Les faits ont été « requalifiés » par le procureur Sombé Théra. Au lieu de » coups et blessures sur la personne du président de la République « , les prévenus sont poursuivis pour « troubles graves à l’ordre public« . Toutefois, à l’issue d’une audience du 12 juin de la première chambre correctionnelle du tribunal de la Commune III du district de Bamako, le juge Karamoko Diakité a ordonné la remise en liberté des personnes placées sous mandat de dépôt pour » troubles à l’ordre public « . Malgré l’opposition du ministère public représenté par Sarambé Coulibaly, le tribunal a ordonné la remise en liberté sous la garantie du payement d’une caution de 500 000 FCFA par prévenu. En réaction à cette décision du tribunal, le ministère public a interjeté appel manifestant son opposition catégorique à l’élargissement de Boubacar Boré, Yacouba Niaré et Mamadou Sangaré de Yélé wolo Ton.

Finalement, les trois inculpés seront élargis et libres de leur mouvement en attendant l’issue de ce feuilleton judiciaire.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 29 Août 2012