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La cérémonie d’ouverture des travaux de la revue du programme d’éradication de la dracunculose a eu lieu à Ansongo, en marge de la visite du ministre de la santé Mme Maïga Zeïnab Mint Youba, en 7è région.
Cette rencontre consacrée au plan d’action contre le ver de Guinée s’est déroulée à Ansongo, en marge de la visite du ministre de la Santé en 7è région.

Le choix d’Ansongo pour abriter la rencontre s’appuie sur les données épidémiologiques qui établissent que la localité est, aujourd’hui, le plus important foyer de cette maladie, et le Mali, après le Soudan et le Ghana, occupe la troisième place dans l’échelle de gravité de la maladie.

La réunion s’est penchée sur l’état de lieux de la dracunculose dans les régions de Tombouctou, Mopti et Gao.
Maladie très invalidante, la dracunculose, selon le Dr. Gabriel Guindo, coordinateur national de la lutte contre cette maladie, se manifeste par l’apparition de petits boutons d’où sort le ver. Le cycle de la maladie est d’environ 1 an, de la contamination à la phase de fécondation. Cette période coïncide avec la sortie de la femelle.
Actuellement, l’épidémie est loin d’être complètement éradiqué.
En effet, selon le résultat de la surveillance épidémiologique, le ver de Guinée fait encore des ravages en 7è Région, particulièrement à Ansongo ainsi que dans la commune de Gao, qui sont les deux cercles hyperendémiques.
Bourem est considéré comme un cercle hypoendémique, et Menaka s’est déclaré blanchi.
Selon le recensement pour la seule année 2005, environ 12 communes dont 10 en zone hyperendémique, 101 villages/sites endémiques dont 49 anciens sites (avec 385 cas) et 52 nouveaux sites (avec 138 cas), ont été dénombrés.
L’année dernière, 360 cas dont 302 cas isolés (soit 83 %) ont été identifiés à Ansongo, soit 55 % au plan national. Pour Gao, on relève 158 cas dont 109 isolés (soit 68,98 %) en 2005.
Le coordinateur national s’est félicité des quelques réalisations faites dans la lutte contre la maladie. Le taux d’isolement est de passé de 65 % en 2004 à 77 % en 2005. Le taux des sites protégés avec l’Abatte est de 69 % en 2005 contre 27 % en 2004. Et de 20 % en 2004, le taux de sites endémiques avec point d’eau potable est passé à 39 % en 2005. À cela s’ajoute la distribution de 117.834 filtres, la réalisation de 12 forages positifs sur 14 prévus et la réhabilitation de 40 autres forages dans les zones endémiques ou à risques.
Malgré les efforts consentis à travers la distribution de filtres et autres matériels de prévention, la maladie persiste toujours.
Alors que, pour empêcher la reproduction, le procédé est très simple : il consiste à éliminer les larves mâles par la filtration des eaux avant consommation.

« maladie dépend également de la prise en charge du malade. Si celui-ci consulte à temps, le suivi permettra d’atténuer les nuisances. Malgré le système de motivation qui consiste à offrir de l’argent, les malades éprouvent toujours des réticences à se présenter aux services de santé« , a expliqué Gabriel Guindo.

Le Dr. Klénon Traoré, directeur régional de la santé, d’expliquer que « Nous sommes en pleine guerre contre la maladie. Tous les moyens sont mis en œuvre pour en venir à bout. Cependant nous sommes confrontés à certaines difficultés. Tout le monde sait que la maladie se propage avec la consommation de l’eau sale. Or dans la région, cette ressource est rare. L’eau potable manque et les populations n’ont d’autres choix que d’utiliser l’eau de mares qui sont des nids de larves« .
De plus, la propagation de la maladie suit la transhumance.

En effet, en 2005, Ansongo a enregistré 7 cas, dont 3 ont été importés du Niger.
Le reste venant des communes environnantes, notamment Gao, Mopti.

L’éradication du ver de Guinée s’inscrit en première ligne dans les priorités de sa structure, a indiqué le représentant de l’OMS et cette éradication est tout à fait dans nos possibilités, car l’Ouganda qui présentait 126.000 cas en 1986 est aujourd’hui à 0 cas, a t-il fait remarquer.

La ministre de la Santé, a quant à elle, souhaité, que « le mal disparaisse sur notre sol d’ici 2007 ».

Durant les travaux, les participants ont fait le point des activités menées jusqu’ici contre la maladie par les structures sanitaires de la région à travers leurs rapports d’activités et leurs programmes opérationnels, ont planché sur le plan d’action national à travers la cellule de coordination de lutte contre la maladie, et planifié de nouvelles orientations afin de venir à bout du fléau.

18 mai 2006.