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Sur la photo en turban, Bilal Ag Acherif, Secrétaire général du MNLA et responsable de la CMA, ancien rebelle. Et en cravate, l’honorable Karim Kéita. Lui aussi rebelle à sa façon, car ce n’est pas faute d’empêcheurs que le fils du président s’est hissé à la tête d’une importante commission de l’Assemblée nationale. Ils immortalisent une rencontre inattendue à l’aéroport international Président Modibo Kéita Senou.

Ce dimanche 19 juin 2016, c’est la première fois que Bilal Ag Acherif se rend à Bamako, depuis l’éclatement de la rébellion du nord, qui a entrainé l’occupation des 2/3 du territoire malien par les groupes armés djihadistes. Il était resté à Kidal, une région nord du Mali, interdite aux officiels maliens depuis la honteuse débâcle du Premier ministre Moussa Mara lors de sa visite éclaire à Kidal du 17 mai 2014.
Opposé à Bamako, chef rebelle, son mouvement, le MNLA a été accusé d’être auteur ou co-auteur de bien de terreur qui a frappé aussi bien les Fama que la population civile malienne, avant et pendant l’occupation djihadiste. Objet de mandat d’arrêt international pour ces présumés crimes contre l’humanité, comme celui de Aguel Hoc en 2012, ces mesures de poursuites ont été levées par les autorités maliennes dans le cadre des mesures de confiance pour parvenir à un accord de paix et la réconciliation nationale. L’accord a été définitivement signé par toutes les parties le 20 juin 2015, mais, un an après, jamais appliqué. Des parties à l’accord sont ouvertement indexées pour complicité avec les ennemis, les terroristes. Notamment la CMA que dirige Bilal Ag Acherif… Il devait montrer sa bonne foi en sautant dans l’avion, destination Bamako. Ce qu’il avait refusé lors de la conférence internationale de l’OCDE pour la relance économique et le développement du Mali, où les partenaires lui avaient demandé de se rendre à Bamako, avant de prendre l’avion sur Paris.

A prendre ou à laisser ? Il ne prend pas et renonce à sa participation à ladite table ronde en Octobre 2015. Ce dimanche 19 juin, comme pour offrir un cadeau de premier anniversaire à l’accord, Bilal Ag Acherif est venu signifier qu’il n’était pas avec ceux qui torpillent la paix et qui empêchent la mise en œuvre de l’accord. S’il le faut, dans le même vol que le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, que le député était venu accueillir à l’aéroport? Karim voit Bilal et fait signe au photographe. Bientôt une invitation de Bilal à se rendre à Kidal ? En tout cas lors de sa tournée au nord, quand ‘’Papa’’ était opéré de la parathyroïde, Karim contrairement à Moussa Mara, n’a pas usé du forcing pour se rendre à Kidal.

Le Républicain du 22 Juin 2016