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Au Mali, des pratiques peu orthodoxes sont fréquentes dans certains milieux, en particulier dans le cadre du commerce. A ce niveau, depuis plusieurs années: autorités de tutelle, opérateurs économiques, industriels mènent un combat pour la survie et le développement de leurs activités, de leurs unités de production contre ce fléau dévastateur qu’est la fraude ou vente illicite des produits. Plusieurs sociétés et entreprises sont parties à la faillite consécutivement aux conséquences drastiques de la pratique de la fraude. L’industrie Textile du Mali (ITEMA) en a fait les frais; la Compagnie Malienne de Développement des Textiles (COMATEX) a été plusieurs fois menacée par cette concurrence déloyale. La Société Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (SONATAM) n’est pas en reste. D’où des offensives engagées en ce moment pour enrayer la fraude.

En effet, la vente illicite de cigarettes de plusieurs marques introduites frauduleusement sur le territoire national a mis à genoux la SONATAM, une société qui employait pourtant beaucoup de travailleurs et contribuait à renflouer les caisses de l’Etat. Il aura fallu la privatiser par la suite.

LA FRAUDE PERSISTE

Malgré tout, la fraude persiste et elle est en train d’influer négativement sur la croissance de la société. Et pourtant, on ne peut dire que les autorités de tutelle de l’activité commerciale et les responsables des services concernés par le phénomène n’ont rien fait pour lutter contre la fraude, mais force est de constater que les efforts déployés jusqu’ici n’ont pas eu raison de cette gangrène. C’est fort de ce constat que les responsables de la SONATAM ont adressé une correspondance aux autorités du District pour solliciter la mise en application des mesures prises en conseil des ministres relatives à la lutte contre la fraude au Mali.

Dans ce sens, il a été envisagé d’entreprendre des actions de sensibilisation auprès des commerçants détaillants afin qu’ils prennent les dispositions qui s’imposent pour mettre fin à la vente illicite des cigarettes de toutes les marques au Mali. Cette sensibilisation avant la descente sur le terrain pour traquer les concurrents déloyaux s’étale sur une période allant du 15 Janvier au 15 Février 2007.

LA REACTION DU GOUVERNEUR DU DISTRICT

Suite à cette demande formulée par la SONATAM, le Gouverneur du District de Bamako Ibrahima Féfé Koné a adressé une correspondance au président de la Coordination des Commerçants Détaillants du District, à travers laquelle il explique les contours de la décision et les mesures prises pour réguler le marché. Dans ce sens, il a rappelé les mesures législatives et réglementaires prises par le gouvernement visant la protection à la fois des consommateurs et des unités de production.

Aussi, le Gouverneur du District de Bamako informe par la même occasion qu’il a décidé d’organiser, en partenariat avec les industries locales, notamment le SONATAM, du 15 Janvier au 15 Février 2007, une vaste campagne d’information et de sensibilisation, au terme de laquelle des actions concrètes seront entreprises sur le terrain pour lutter énergiquement contre les fraudeurs.

L’objectif visé par cette initiative concertée est de protéger les unités de production et les consommateurs contre les conséquences fâcheuses de la fraude qui sont entre autres la fermeture des sociétés et entreprises, les licenciements de personnels, donc le chômage. Ainsi, au terme de cette période et des actions d’information et de sensibilisation qui s’y dérouleront, personne ne pourra dire qu’il a été surpris ou qu’il ne savait pas qu’une telle mesure devait être mise en oeuvre.

Moussa SOW

07 février 2007.