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fol.jpgUne nouvelle vie a commencé pour lui. La mineure, même si sa taille et ses formes généreuses peuvent tromper, tient le rôle et la place de la légitime ; chose dont les gens ne tardent pas à s’apercevoir.

Bon sujet pour les « bouches pointues » et les « lèvres épaisses », spécialistes du « il paraît que… », « on a dit que… » qui manipulèrent cette information pour la faire tomber dans les oreilles de madame qui, soit dit en passant, tient un salon de coiffure.

Madame est humiliée. Son infortune alimente les cabarets, les troquets et même le marché. Un jour, elle ferme son salon de coiffure et descend sans crier gare chez son mari.

Les rapporteurs avaient raison car elle trouve sur place la fille en question. Les deux femmes se jaugent du regard, s’invectivent ferme et s’attaquent. Une belle bagarre où coups de griffes, de dents les dévêtissent presque entièrement. Madame a le dessus et malmène à souhait celle qui, au lieu de s’occuper de ses études, s’occupe d’entretenir le « Bakari » des maris d’autrui.

On les sépare et quelques jours plus tard, les parents de la jeune fille viennent présenter leurs excuses et celles de leur enfant à la dame bafouée avec promesse que cela ne se reproduirait plus. Madame pardonne et serre la main à la collégienne. Donc réconciliation. Puis madame repart à la ville voisine ouvrir son salon pour continuer à s’occuper des têtes et de la beauté des femmes de la localité.

Quelques semaines avant les fêtes de fin d’année, les « lèvres épaisses » lui apprennent que son mari a repris avec la collégienne qui passe maintenant des nuits entières chez lui.

Madame songe à la manière de se venger. L’occasion lui est donnée par la fille elle-même.

Ignorant que sa rivale a été informée de la reprise de ses relations illégales avec son mari, elle fit la trentaine de kilomètres qui sépare les deux villes pour aller se coiffer chez madame.

On était à quelques jours du nouvel an. Madame prit mal la chose et cette moitié de folie qu’est la colère s’empara d’elle. Cependant, elle se domina, installa son ennemie, apprêta ses cheveux et lui demanda de patienter.

Elle sortit, prit un bidon et alla acheter un demi-litre d’essence. De retour, elle mélangea cette essence à un produit huileux et odoriférant. Puis, elle se mit à appliquer la mixture obtenue sur les cheveux de la collégienne en prenant soin d’en laisser couler une partie sur son cou et ses épaules.

A la collégienne qui s’étonnait de cette vague odeur d’essence, elle lui assura que c’était un nouveau produit qui rendrait les cheveux souples et doux pour la coiffure souhaitée. Et la fille attendit la suite.

Cette suite fut simple et radicale. Madame prit une boîte d’allumettes, alluma une bûchette et la jeta sur les cheveux de la fille qui, instantanément, se transforma en une boule de feu, un feu qui s’étendit sur une bonne partie de son corps.

La fille n’est pas morte, mais personne, même pas son amant de professeur ne voudrait de cet être à la tête sérieusement brûlée, profondément défigurée; au cou et aux épaules dont les chairs tombent en lambeaux.

Je n’ai pas dit ? Cette chronique ne vous a certainement pas plu. Mais que faire lorsque l’on a à faire à un professeur au « Bakari » à tête chercheuse de problèmes ?

Sacré Chédou Ouédraogo | Sidwaya

20 juillet 2007