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Commencés le vendredi dernier, les combats entre le MNLA et les islamistes du Mujao ont cessé le dimanche sur une défaite sanglante des indépendantistes. Les villes d’Ansongo et d’Anderaboucane sont dorénavant sous le contrôle du Mujao. Oumar Ould Hamaha promettait d’en finir avec le MNLA, qui s’est retiré à Ménaka. Lundi à midi des tirs à l’artillerie étaient entendus dans cette ville que les apatrides ont été obligés d’abandonner à leurs adversaires. Triste fin pour les tenants de l’Etat de l’Azawad.

Derniers bastions du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), les villes d’Ansongo et d’Anderaboucane qui abritaient les camps les plus importants des indépendantistes sont depuis dimanche 18 novembre sous le contrôle du Mujao. Les combattants d’Oumar Ould Hamaha, chef de guerre du Mujao, ont sorti l’artillerie lourde pour déloger ceux qu’ils appellent « des mécréants à la solde de l’Occident ».

Face à la résistance des combattants du MNLA, le Mujao a dû faire appel à ses alliés d’Aqmi qui ne sont en réalité que ceux d’Ançar Eddine pour les chasser des deux villes. Joint hier au téléphone, Oumar Ould Hamaha, a confirmé la débandade des ennemis de l’islam et du Mali. A en croire le « Barbu rouge », les combattants du MNLA qui ont pu s’échapper se sont enfuis vers Ménaka. « Nos forces sont en train d’encercler Ménaka. Nous allons en finir avec ces gens là une bonne fois pour toutes », a-t-il promis. Dans l’après-midi du lundi, nous avons appris la prise de la ville de Ménaka par le Mujao

Dimanche, à la tombée de la nuit, une source à Gao a rapporté la présence de cortège de pick-up des combattants du Mujao sillonnant la ville. « Ils fêtaient leur victoire sur le MNLA par des tirs de balles en l’air ». Interrogé sur une chaîne étrangère, un combattant du MNLA a expliqué que le repli n’est que tactique. Et de promettre de revenir à l’assaut dans les jours à venir pour nettoyer les villes sous « l’emprise des terroristes ».

Ançar Eddine et Mujao : kif-kif

Depuis quelques jours des médias étrangers s’accordent à dire que le mouvement islamiste Ançar Eddine affirme prendre ses distances vis-à-vis du Mujao et d’Aqmi et d’abandonner l’application de la charia. Pour les islamistes du Mujao, ces assurances ne sont qu’un jeu de mot que certains responsables d’Ançar Eddine avancent.

Les revendications du Mujao et d’Ançar Eddine, selon les islamistes, sont les mêmes et indissociables. « Discuter avec Ançar Eddine, c’est inviter le Mujao à la table. L’un ne peut aller sans l’autre », a précisé notre interlocuteur du Mujao. Les propos de ce dernier avaient été avancés par le chef de guerre du Mujao, Oumar Ould Hamaha qui, dans une sortie, déclarait que c’est « ceux qui ne savent rien qui font la différence entre Ançar Eddine et le Mujao ».

A ses dires, personne sur le terrain ne peut faire le distinguo entre les combattants des deux mouvements. Une façon de dire que le président négociateur Blaise Compaoré se trompe en prenant pour de l’argent comptant les propos de certains membres d’Ançar Eddine.

« Nous avons dans nos rangs des centaines de combattants du MNLA qui nous ont rejoints. Qu’on arrête de nous diviser », s’est exclamé Oumar. Les autorités maliennes lors de la mise en place de la commission de négociation devraient faire attention et savoir avec qui négocier. Sinon nous risquerons de négocier avec le Mujao et Aqmi qui ne sont en réalité qu’un prolongement d’Ançar Eddine.

Amadou Sidibé

Les Echos du 21 Novembre 2012