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Le Mali, à l’instar d’autres pays membres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a célébré le 25 avril 2009, la 9ème Journée Africaine de Lutte contre le Paludisme et la 2ème Journée Mondiale de Lutte contre cette Maladie. En prélude à cet événement, la Représentation de l’OMS au Mali a animé une conférence de presse le 24 avril dans ses locaux situés à N’Tomikorobougou.

Le principal conférencier était le Dr. Ndoutablé Modjirom, point focal IVD-TL, représentant la représentante résidente de l’OMS au Mali, Dr Diallo Fatoumata Binta Tidiane Diallo. “Vaincre le paludisme : le compte à rebours est lancé”. C’est le thème choisi cette année pour commémorer la 9ème Journée Africaine et la 2ème Journée Mondiale de Lutte contre le Paludisme ou Malaria.

Le compte à rebours a bien commencé car, il ne reste plus qu’un an pour réaliser les objectifs 2010 visant à fournir de manière permanente et abordable les moyens de protection et des traitements antipaludiques à toutes les personnes à risque dans 109 pays dont 45 en Afrique.

Selon le rapport mondial de l’OMS paru en 2008, malgré les efforts consentis jusque-là, on estime entre 350 et 500 millions de cas aigus de personnes souffrant du paludisme sur les 3 milliards à risque dont près d’un million de cas mortels pour la plupart chez les enfants de moins ce cinq ans et les femmes enceintes.

L’arsenal de guerre contre le paludisme

En l’absence du premier vaccin sur le marché attendu pour 2015, l’arsenal de guerre utilisé contre le paludisme comprend : les moustiquaires imprégnées, les associations médicamenteuses à base d’artémisinine, la pulvérisation intra domiciliaire, le traitement préventif intermittent pendant la grossesse.

Si les 80% des personnes à risque bénéficient des traitements dans ces quatre domaines d’intervention, la morbidité et la mortalité palustre par habitant devraient diminuer d’au moins 50% entre 2000 et 2010 et d’au moins 75% entre 2005 et 2015.

“La lutte contre le vecteur du paludisme repose sur la pulvérisation intra domiciliaire à effet remanent, méthode généralement utilisée dans les zones de forte transmission du paludisme demeure une pratique peu répandue dans la région africaine.

Pour ce qui est du traitement des cas de paludisme, bien que l’approvisionnement en médicaments antipaludiques des services de santé publique s’est fortement accru entre 2001 et 2006, l’accès au traitement, en particulier aux associations médicamenteuses à base d’artémisinine était insuffisant dans la plupart des pays africains en 2006”, a laissé entendre le Dr Ndoutabé Modjirom.

Des résultats spectaculaires

La mortalité et la morbidité dues au paludisme ont considérablement reculé dans de nombreux pays africains asiatiques et américains grâce à la distribution massive de moustiquaires. Des résultats spectaculaires ont été enregistrés au Rwanda, en Zambie, au Kenya, en Inde, au Vietnam, au Brésil et en Ethiopie.

Au Mali, le chemin reste encore long pour atteindre les objectifs de réduction de moitié de la mortalité et de la morbidité dues au paludisme d’ici 2010 au regard des statistiques des quatre dernières années.

En effet, en 2005, sur les 962 706 cas enregistrés, il y a eu 1 285 décès. En 2006, sur les 1 022 592 cas, il y a eu 1 914 décès contre 1 782 cas en 2007 parmi les 1 291 853 cas enregistrés. En 2008, les chiffres ont baissé par rapport à 2007.

Le 1er vaccin en 2015

La communauté scientifique s’active dans la recherche de vaccin contre le paludisme. La Division Médecine Traditionnelle du ministère de la Santé est en train d’élaborer le répertoire des plantes qui entrent traditionnellement dans la lutte contre le paludisme. Le Pr Ogobara Doumbo de l’Ecole de Médecine tient de son côté un centre pilote pour la recherche d’un vaccin anti paludique.

Le bureau de l’OMS au Mali nous apprend que le premier vaccin dénommé scientifiquement RTSS développé au Mozambique en collaboration avec l’armée américaine est attendu sur le marché vers 2015 avec envrion 50% d’efficacité.

La deuxième génération de vaccin avec 80% d’efficacité est attendue en 2025. Sans vaccin, des pays européens surtout ont réussi à éliminer le paludisme.


Daba Balla KEITA

27 Avril 2009