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En effet, ce sont quatre directeurs de la Banque qui ont été arrêtés en même temps. Il s’agit de Tidiane Diarra, directeur de la Clientèle, Mohamed Balayara, directeur des Risques, Kalifala Diarra, directeur des Opérations et Abdoulaye Dia, directeur du Recouvrement et des Affaires juridiques. Tous ont été écroués le mercredi dernier à la suite d’un contrôle effectué par le Pôle économique et financier de Bamako.

jpg_une-2396.jpgA ces quatre directeurs s’ajoutent l’ancien chef du contrôle interne de la Banque, Mohamed Berthé, son successeur Boubacar Dramé ; le chef de l’agence principale, Yaya Koné, le caissier principal Tounkara avait été antérieurement arrêté ; le directeur des ressources humaines, Jules Yanaba avait été lui aussi arrêté puis libéré. Et c’est la découverte d’un trou de 1,9 milliard FCFA qui à la base de cette vague d’arrestations.

Il faut noter que c’est en 2003 que l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a décidé de lancer le Projet de la Banque Régionale de Solidarité. Depuis 2005, le réseau des »Banques Régionales de Solidarité » a essaimé dans la région monétaire ouest-africaine (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo).

Ces Banques Régionales de Solidarité ont pour mission de financer les personnes qui n’ont pas accès au système bancaire traditionnel : notamment les jeunes, les femmes, les ruraux et les promoteurs de petites entreprises. L’objectif de cette banque est de permettre l’accès au crédit aux populations qui sont exclues du système bancaire : notamment les jeunes, les femmes, les ruraux et les promoteurs de petites entreprises. Le Réseau disposait d’un capital initial de 24 milliards de F CFA (36 641 221 € ) et avait pour ambition d’accroître ce capital pour répondre à l’ensemble des besoins.

Ça c’était ce que nourrissaient les promoteurs dudit projet. Mais c’était sans compter la mauvaise gestion qui a fait que la BRS, dans ces différents pays s’est vite trouvé confrontée à de lourds passifs. Aussi, l’UEMOA a-t-elle décidé de se débarrasser du réseau en lui cherchant un repreneur. C’est ainsi que Orabank en est devenu l’actionnaire majoritaire, la BOAD portant toujours des actions pour l’UEMOA. Aux fins d’alléger le fardeau du repreneur, l’UEMOA avait décidé de prendre à son compte le déficit de la Banque se chiffrant à plusieurs milliards de FCFA.

Quand Orabank a donc repris le réseau, y compris la BRS Mali, elle a nommé à la tête de celle-ci un Nigérien, Younoussi Abdoul, qui a décidé de maintenir à leurs postes les Maliens trouvés sur place. C’est ainsi que Tidaine Diarra, qui était devenu directeur intérimaire après le départ de Alfa Bocar Nafo au gouvernement de la transition, a été gardé comme directeur de la Clientèle et tous les autres sont restés à leurs postes.

Mais quelle fut sa déception de découvrir, au bout de quelques mois, ce nouveau trou de près de 2 milliards de FCFA. C’est dire que la mauvaise gestion qui a toujours caractérisé cette banque s’est poursuivie en dépit du changement intervenu dans son capital.

Affaire à suivre.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 9 Décembre 2013