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La campagne de vaccination contre la Covid-19 démarre aujourd’hui dans la capitale. L’annonce a été faite hier à la presse par la ministre de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby. C’était en présence des membres du Comité scientifique. Il est utile de rappeler que le président de la Transition avait lui-même réceptionné le 5 mars dernier des doses du vaccin AstraZeneca destinées à notre pays pour immuniser nos compatriotes contre le coronavirus. 

Ce vaccin avait été remis en cause dans les pays développés, ce qui avait suscité chez nos compatriotes des appréhensions diffuses voire une certaine réticence chez certains médecins à se faire vacciner. 
Aujourd’hui, nos scientifiques, notamment les membres du Comité scientifique, admettent que la contradiction est propre à la science, mais rassurent sur la qualité du vaccin. À cet effet, la ministre en charge de la Santé a expliqué que depuis plus d’un an, notre pays se bat contre un ennemi (la Covid-19) qui a infligé à l’humanité une crise sanitaire et économique sans précédent. 

En référence au personnel de santé qui se trouve en première ligne de la croisade contre la pandémie et à qui elle a rendu hommage, Dr Fanta Siby a indiqué qu’il n’y a pas de sacrifice plus noble que celui consenti à sauver des vies comme le fait le personnel soignant. 
Elle a aussi souligné qu’après le personnel de santé, les personnes du troisième âge, c’est-à-dire les 60 ans et plus et celles atteintes de comorbidités, seront ultérieurement concernées par la vaccination. Mais la ministre s’est empressée de préciser que toutes les informations nécessaires seront données à temps, ajoutant que ceux qui seront vaccinés feront l’objet d’un suivi.

Le directeur du Centre national d’immunisation (CNI), Dr Ibrahima Diarra, a cité à titre d’exemple d’autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire , le Nigeria, le Togo et le Ghana qui vaccinent avec AstraZeneca. Pour le cas spécifique de notre pays, le premier passage qui s’étendra sur deux semaines, se déroulera dans les centres de santé communautaire (Cscom) et dans les centres de santé de référence (Csref) en stratégie fixe et mobile pour le personnel des établissements publics de soins. Il a aussi indiqué qu’une stratégie avancée sera utilisée pour toucher le maximum d’agents de santé dans les structures privées. Le conférencier a aussi justifié le choix de Bamako pour démarrer la vaccination parce que la capitale est l’épicentre de la maladie mais aussi par la nécessité de tirer les enseignements avant d’aller à échelle.

Quant au président du Comité scientifique, Pr Seydou Doumbia, il s’est appesanti sur son organe qui a été créé en avril 2020 avec mission d’informer les décideurs sur les évidences, les connaissances de la maladie et d’orienter les décisions des pouvoirs publics. Il est composé de 11 scientifiques qui font tous autorité dans leurs disciplines de prédilection et qui s’inscrivent dans la complémentarité. 
Il a aussi rappelé que notre pays fait partie des premiers en Afrique à recevoir des doses de vaccin. Si le président du Comité scientifique n’a pas souhaité verser son avis dans les polémiques autour du vaccin, il a tenu à lever toute équivoque sur un minimum de risque. 

«Il n’y a pas de médicament ou de vaccin sans risque», a-t-il dit. Il a aussi expliqué le retard dans la vaccination par le principe de précaution, notamment après le tollé suscité par le vaccin incriminé.
Pr Daouda Minta, également membre du Comité scientifique, a relevé toute l’importance de préserver ceux qui sont à l’avant-garde du combat, notamment le personnel qui administre des soins. «Les malades viennent vers les médecins souvent avec un tableau atypique qui présage rien en faveur de la Covid-19». 

Il a étayé avec des exemples et des arguments scientifiques. Pour le Pr Bourema Kouriba, membre du Comité scientifique et directeur général du Centre d’infectiologie Charles Mérieux, la vaccination est l’un des outils les plus puissants pour circonscrire une épidémie. 
Les conférenciers ont apporté des éléments de réponses à bien de préoccupations de nos confrères et aux interrogations légitimes que nos compatriotes pourraient être amenés à se poser. Tous unanimement s’accordent sur la bonne qualité du vaccin et invitent les cibles concernées à se faire 
vacciner.


Bréhima DOUMBIA

Source: L’Essor