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A la date du 16 octobre, le Mali a officiellement dépassé le chiffre de deux millions de personnes vaccinées contre la Covid-19. Une victoire sur la route de l’atteinte des objectifs.

Pour Dr. Cheick Amadou Tidiane Traoré, directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique (DGSHP) la campagne vise des personnes âgées de 12 ans et plus soit 9 477 250 personnes. “Le but des campagnes de masse c’est vraiment d’apporter la création de la demande et de rapprocher les services des bénéficiaires. En résumé, on veut vacciner le plus grand nombre de personnes. Le défi peut être relevé, il nous faut renforcer la communication pour améliorer l’adhésion des populations. En outre, les stratégies innovantes s’articuleront autour de la mise en place des « vaccinodromes » dans les points d’attroupement ou de rassemblement”, dit-il.

Si les acteurs de la vaccination se réjouissent de ces résultats obtenus, ils évitent de crier victoire, car, avec plus de deux millions de vaccinés, « le compte n’y est toujours pas ». « Nous ne sommes pas encore à 50 % de la cible à vacciner. Il faut redoubler de moyens », affirme Hawa Diallo, membre de l’équipe de vaccination en commune IV.

Pour elle, le tout n’est pas la disponibilité des vaccins. « Il faut plus de subventions, plus d’équipes et surtout plus de communications », dit-elle.

Pour le Pr. Bourema Kouriba, Directeur du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux, membre du Comité scientifique du Mali, il n’y a pas à paniquer. La conduite à tenir, de l’avis du professeur, les mesures édictées par le ministère de la Santé sont : renforcer les mesures de prévention ; maintenir la surveillance épidémiologique ; renforcer les campagnes de vaccination qui sont en cours depuis des mois ; intensifier la communication et la sensibilisation de la population sur la pandémie qui n’est pas encore terminée.

Au Mali, il existe 5 vaccins à base de vecteur viral des firmes AstraZeneca et Johnson and Johnson/ Janssen ; les vaccins inactivés des firmes chinoises Sinopharma et Sinovac ; le vaccin à ARN de la firme Pfizer/BioNtech.

« En général, à part les vaccins vivants atténués comme celui de la fièvre jaune, la plupart des vaccins nécessitent deux doses pour être efficaces. Une première dose permet à l’organisme de se préparer contre le virus et une seconde dose permet d’affiner la réponse de l’organisme. C’est comme aiguiser le couteau pour mieux affronter l’adversaire. Dans certains cas dès la première dose l’organisme est bien armé pour réagir, donc il n’est pas nécessaire de faire une seconde dose. N’oubliez pas que les vaccins coûtent chers et il ne faut pas les gaspiller. Dans le cas des vaccins contre la Covid-19, les vaccins de Pfizer/BioNtech, d’AstraZeneca, les vaccins de Sinovac et Sinopharm nécessitent 2 doses. Le Johnson and Johnson se fait en une seule dose. Il faut donc suivre ce calendrier vaccinal », affirme le Pr. Bourema Kouriba.

« Je leur lance un message de compréhension. La vaccination a beaucoup apporté à l’humanité. Le vaccin est le moyen le plus efficace pour prévenir une maladie infectieuse comme la Covid-19. Les vaccins contre la Covid-19 ont été développés rapidement grâce à un effort mondial mais aussi grâce aux nouvelles plateformes technologiques mises en place par les firmes pharmaceutiques. Aujourd’hui, les autorités sanitaires mondiales sont très exigeantes sur la sécurité des vaccins et ne tolèrent aucun effet secondaire grave dû à un vaccin. Quand le maximum de personnes sera vacciné, l’immunité de groupe sera atteinte et elle permettra d’empêcher la propagation du virus dans la population malienne. Donc, j’invite tous ceux qui hésitent à nous aider à atteindre l’immunité de groupe qui va permettre une résilience à la pandémie au Mali ».

Aminata Agaly Yattara

Cet article a été publié avec le soutien de JDH Journalistes pour les Droits Humains et Affaires Mondiales Canada

Source: Mali Tribune