Partager

Le commissariat du 8ème arrondissement, suite à une initiative du Doyen de l’ex-faculté de médecine, a ouvert une instruction en vue du démantèlement d’un vaste réseau de corruption qui interviendrait dans le passage des étudiants en numerus clausus. Le numérus clausus est une limitation discriminatoire qui a pour but de limiter, à travers une stricte et rigoureuse sélection, le nombre d’étudiants au niveau de la faculté de médecine et d’odontostomatologie et celle de pharmacie. Ce système a été instauré à la FMPOS depuis plus de 10 ans maintenant. Compte tenu du nombre de place très limité, certains étudiants vont jusqu’à mobiliser leurs parents et le plus souvent ‘’les gros moyens’’ pour décrocher un billet de passage en classe supérieur.

Ce serait suite à beaucoup de rumeurs, faisant état de l’existence d’un réseau de corruption spécialisé dans le passage des étudiants de la 1ère année à la 2ème année, que le Doyen Traoré aurait entamé des investigations. Lesquelles investigations qui lui permettront d’avoir le numéro d’un membre du réseau à travers un étudiant. Quelques jours après l’obtention du numéro, le Doyen Traoré aurait appelé le Monsieur en question et lui notifié sa volonté de mettre la main dans la poche pour le passage de son enfant. Le sieur Fofana Mamadou Nianankoro aurait demandé la somme d’un million de nos francs à son client et n’importe pas lequel, puisqu’il s’agissait du Doyen de la faculté.

Les pourparlers effectifs, les deux hommes se donnèrent aussitôt rendez-vous au niveau de l’école fondamentale du Point-G pour finaliser l’affaire. Déterminé à mettre le réseau de mafieux hors d’état de nuire, le Doyen avait pris le soin d’informer le commissaire de police du 8ème arrondissement Samba Keita. Ce dernier diligenta Monsieur Soumano, le commissaire en charge de la section judiciaire, pour l’ouverture d’une instruction. Le Doyen et les éléments du 8ème arrondissement posent un lapin à Monsieur Mamadou Fofana et arrivent à le mettre hors d’état de nuire bien avant qu’il ne termine de compter le montant convenu avec son client. Après les interrogations, Fofana a prétendu être en mission pour le compte d’un certain Doumbia qui n’est autre qu’un agent technique qui travaille au niveau de la salle informatique.

Monsieur Doumbia serait membre de la commission chargée du traitement des résultats. Interpellé, ce dernier aurait nié toute implication dans l’affaire. Affirmant tout de même connaitre Monsieur Fofana qui serait passé un jour le voir pour lui demander s’il pouvait faire passer des étudiants. Pour des besoins d’enquête, le commissaire en charge du dossier avait fait réquisitionner leurs 2 téléphones. Sauf qu’aucune information concrète n’a pu être obtenue à travers cette entreprise. Approché, pour en savoir plus, le Doyen nous a notifié qu’il ne pourrait malheureusement nous donner d’amples éclaircissements sans l’autorisation du Recteur. Par contre, le commissariat du 8ème arrondissement nous a informés de l’ouverture d’une vaste enquête en vue du démantèlement du réseau.

A noter que ce genre de regroupement mafieux est monnaie courante dans presque toutes les facultés et grandes écoles du Mali. Certains réseaux sont même pilotés par des responsables administratifs, et cela au vu et au su de tous. Sauf qu’aucune sanction, ni action dissuasive n’est prise pour y mettre fin. A noter que cette action du Doyen, contrairement à beaucoup d’autres responsables qui auraient tout fait pour étouffer l’affaire, mérite d’être saluer à sa juste valeur et doit nécessairement aboutir à des mesures coercitives afin de prévenir toute autre initiative du genre.

Affaire à suivre.

IDRISSA KANTAO

Le Flambeau du 19 Septembre 2012