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Le vendredi 5 Octobre 2012, la FDPRI qui a publié ses résultats après délibération concernant 17 565 étudiants, a informé le Rectorat qu’elle dispose d’une autre liste de 3 065 étudiants ayant composé, dont les résultats ont été traités mais non publiés.

En réalité cette liste qui surgit du néant et dont les délibérations n’ont pas été rendues publiques ne concerne ni plus ni moins que des étudiants non inscrits et non inscriptibles qui ont pourtant été maintenus dans le système, pris en compte dans les évaluations alors qu’ils ne figurent pas dans le plateau numérique de l’Université dont seul le Rectorat détient la clé. Cette marge de 3 065 étudiants dans le noir représente une denrée monnayable à souhait, au détriment du devenir de nation toute entière, de la réputation et de la capacité malienne dans le concert des nations.
A la FDPU également 11 798 étudiants ont fait les examens au même moment que la FDPRI, mais dont la délibération n’a été effectuée que le vendredi 19 Octobre (deux semaines après celle de la FDPRI). Là aussi 841 étudiants ont composé alors qu’ils ne sont pas inscrits.

Le vendredi 5 Octobre, en procédant à la délibération et en publiant sur un site internet, le nom des 9 250 admis. Les noms de non admis n’ont pas été publiés par la FDPRI sur ledit site. Ce qui a provoqué leur colère les amenant à prendre d’assaut le Rectorat, le lundi 8 Octobre, pour se plaindre du fait que leurs noms n’y figurent pas. De sources universitaires, les noms de 8 315 candidats étaient introuvables sur le site en question. Comment faire comprendre aux étudiants, que non seulement le site qui a publié les résultats n’était pas celui du ministère de l’enseignement, mais aussi que la FDPRI a pris la responsabilité de cette publication sans se référer au Rectorat qui a été mis devant le fait accompli. Cependant à la FDPRI les résultats affichés comprenaient les admis et les non admis.

Selon des informations recueillies à l’université, les résultats proclamés sont ceux des étudiants repêchés jusqu’à la moyenne de 8. Ce qui veut dire que ceux qui n’ont pas leur nom sur la liste des admis n’ont pas eu la moyenne 8. Pour avoir voix au chapitre, ils doivent donc se préparer à réclamer leurs notes avec des arguments solides, faits souvent d’espèces sonnantes et trébuchantes. C’est la porte ouverte au commerce des notes.

L es dispositions prises par le doyen de la FDPU en application des principes, ont-elles permis de se mettre la faculté à l’abri de toute tentative de fraude ? En mettant en place la commission d’examen, il a pris soin d’écarter certains secrétaires qui sont connus pour leur complicité avec le milieu étudiant.

Malgré ces dispositions, les contrôleurs de la commission d’examen ont retrouvé une centaine de copies dans une matière (Droit administratif dont le professeur titulaire est Djibonding Dembélé) ; ces candidats n’avaient même pas écrit le sujet, et avaient laissé leur copie vierge. Cependant, ces feuilles vierges qui ne contenaient que le nom de l’étudiant avaient été corrigées de 10 à 14 sur 20. Explication : les assistants au sein de la commission, qui ont corrigé les feuilles, ont pris la liberté de vendre des notes. Informé de cette découverte, le professeur titulaire, Djibonding Dembélé a autorisé la commission d’examen à reprendre la correction de ces copies et à leur attribuer les notes qui conviennent.

La commission à sont tour a habilité un de ses membres assistants à corriger les copies. Cet assistant correcteur ne tardera pas à avoir la visite d’un groupe d’enseignants de la FDPRI et de la FDPU pour lui demander des comptes, pour s’être livré à une double correction. Les visiteurs sous une couleur syndicale ont également accusé le doyen de la FDPU d’avoir mis en place une commission d’examen qu’ils désapprouvent.

Le correcteur en question a également reçu des menaces d’un appel inconnu qui le mettait en garde de se rendre à son service le lendemain au risque de se faire agresser par des étudiants qui l’attendraient.
Selon nos informations à la FDPU des étudiants professionnels sont allés voir le doyen après avoir échoué devant le chef de scolarité, pour lui proposer des millions de FCFA contre une gestion diligente de leur situation, parce que c’est toujours ainsi qu’ils ont procédé avant l’éclatement de la FSJP.

Le chef de scolarité de la FDPU aurait décliné l’offre, selon nos informations. A sa place d’autres auraient amassé des millions et auraient fini de construire leur maison. A l’Université, les professionnels, certains responsables de l’Aeem et des responsables de classe jouiraient de grands privilèges dus à leur influence sur le chef de scolarité, y compris le privilège de passer à la classe supérieur sans entraves, et souvent sans se soumettre à l’évaluation. Tout responsable universitaire qui se mettrait en travers de leurs habitudes par la remise en cause de ces pratiques qui gangrènent notre école court le risque d’avoir sur son dos, les mauvaises graines de l’Aeem manipulées par des enseignants corrompus jusqu’aux os et spécialistes des notes financièrement transmissibles.

Ces milliers d’étudiants qui composent à l’examen sans être inscrits, échappent à tout contrôle et représentent de ce fait des marges d’affaires des responsables de classe, des responsables de l’Aeem, en complicité avec des chefs de scolarité et de certains enseignants. A ce jour, on dénombre à l’USJPB, 3 906 étudiants non inscrits, mais qui ont composé aux examens de fin d’année. Alors que le total des étudiants inscriptibles et non inscrits ne fait que 1 469 étudiants. Le Rectorat a demandé à la FDPRI et à la FDPU de lui communiquer les listes respectives des non inscrits ayant composé. En vain !

La Rédaction

Le Républicain du 24 Octobre 2012