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L’Union Soudanaise RDA et le PSP ont procédé à la signature d’une déclaration commune de réconciliation des deux partis. C’était devant le regard d’un témoin privilégié, Amadou Toumani Touré, président de la République du Mali, le 30 mars 2010 au CICB.

Les passions dissipées, les esprits réconciliés, l’USRDA, le parti de (feu) Modibo Kéïta et le PSP de (feu) Fily Dabo Sissoko ont fumé le calumet de la paix. «Les hommes font leur propre histoire», a dit un penseur. Les héritiers de ces deux partis, ennemis d’hier, ont décidé devant le peuple de retirer des fonds de leurs granges tous les vieux sacs à piment. En prenant la parole le premier, Oumar Hammadoun Dicko, dira que l’année 2010 doit être l’année de réconciliation, un nouveau départ pour le Mali de demain.

Selon lui, le PSP et le RDA doivent donner l’exemple de Mamadou Konaté et de Modibo Kéïta. En citant le poète, il dira que les «morts ne sont pas morts». Nos morts, a-t-il ajouté, ont légué l’amour de la patrie, le sens de l’honneur et de la dignité. Pour lui, il s’agit d’aimer les tombes de nos martyrs ; car tous ceux qui sont morts pour la liberté seront célébrés. Il s’agit tout simplement pour Oumar Hamadoun Dicko de panser les plaies et apaiser les douleurs.

Le secrétaire politique de l’US-RDA, Moussa Bocar Diarra, dira, pour sa part, qu’il s’agira d’asperger d’eau les vieux sacs à piment, de les composter. Et, de l’engrais nourricier ainsi obtenu, fertiliser le terreau des valeurs positives de notre peuple. Il a invité les militantes, les militants des deux partis à dissiper les passions dans une symphonie des cœurs apaisés et d’esprits réconciliés.

Pour lui, cette cérémonie témoigne que tout reste possible dans notre pays. Le PSP et l’US-RDA étaient au départ du cinquantenaire finissant et les deux se retrouvent à nouveau au cinquantenaire commençant. Il a invité les uns et les autres à s’approprier les idéaux partagés qui ont fait la grandeur de notre pays. Le chef de cabinet du président de la République , Aliou Sangaré a invité les uns et les autres à oublier les souffrances d’hier et se consacrer à l’essentiel qu’est le Mali, son développement, son bien être.

Malgré la présence de son représentant, le président de la République n’a pas manqué ce rendez-vous historique. Amadou Toumani Touré, en prenant la parole, dira tout d’abord qu’il n’est pas venu en tant que chef de l’État mais en tant que fils de l’US-RDA et du PSP.

En expliquant ses liens avec les deux partis, il dira que le Mali est un grand pays. «Nous avons été grand hier, nous sommes grand aujourd’hui et nous resterons grand», a dit ATT. Il a incité les uns et les autres à prendre de la hauteur, de faire un dépassement de soi-même.

Après l’intervention des griots, le représentant du Haut Conseil Islamique, Thierno Hady Thiam et l’archevêque de Bamako, Jean Zerbo feront des bénédictions pour le peuple du Mali. Selon ces deux religieux sans cette réconciliation du PSP et de l’US-RDA, le cinquantenaire n’avait pas sa raison.

C’est sur ces bénédictions que le président de la République posa pour une photo de famille avec les dirigeants, les militants des deux partis frères. On peut dire sans se tromper que rien que par cet acte de réconciliation du PSP et de l’US-RDA, le cinquantenaire a eu tout son sens.

Fakara Faïnké.

Le Républicain du 01 Avril 2010.

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ATT lors de la cérémonie de réconciliation entre le PSP et l’US-RDA : « Je suis fils de l’US-RDA et j’appartiens aussi au PSP »

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a joué un grand rôle dans la réconciliation qui a été scellée le 30 mars 2010 au CICB entre le Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP) et l’Union Soudanaise du Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA) en sa présence. Il a, à cette occasion, revendiqué sa filiation avec ces deux premières formations politiques du Mali

Représenté au début de la cérémonie par son Directeur de cabinet, Aliou Sankaré, le président Amadou Toumani Touré n’a pas pu résister au désir d’être un témoin oculaire de cet événement. ATT est arrivé par surprise au moment où la cérémonie battait son plein sous les ovations de la salle où avaient pris place des hommes politiques de tous horizons et plusieurs personnalités de haut rang.

Dans son témoignage en tant que « simple Malien », ATT n’a pas caché sa joie de voir les frères du PSP avec à leur tête, le président du parti, Oumar Hammadoun Dicko et de l’US-RDA avec à leur tête, le Secrétaire politique Bocar Moussa Diarra, se donner la main.


 » Je suis venu non pas en tant que président de la République mais en tant que fils de l’US-RDA. J’ai dormi avec le RDA… « 
, a-t-il déclaré visiblement satisfait.

Il a parlé entre autres du Général Moussa Traoré, de ses liens de parenté avec le Sénateur Mamadou M’Bodj (un cousin de sa mère qui lui-même et par alliance, est du PSP. Et ATT d’affirmer « Je suis un fils de l’US-RDA et du PSP.

Je suis comblé par cet événement », avant de conclure, à l’endroit des responsables de ces deux partis, parlant de la signature de cet acte de réconciliation « ce que vous avez fait aujourd’hui est grand et le Mali vous le reconnaîtra ».

Auparavant, le Directeur de Cabinet du président de la République, Aliou Sankaré a, selon ses mots, trahi un secret en confiant à l’auditoire que « ces retrouvailles, le président de la République les a souhaitées, conseillées depuis très longtemps… « , avant d’affirmer que « cette réconciliation était tant attendue par les militants mais aussi par les Maliens tout court. Merci, militants du PSP et de l’US-RDA pour ce grand cadeau du Cinquantenaire que vous faites au Mali « .

Pour Oumar H. Dicko du PSP et non moins président de la Commission d’organisation du Cinquantenaire, le moment est venu de panser toutes les plaies du Mali, de donner l’exemple du pardon à travers cette réconciliation.

Pour sa part, Bocar Moussa Diarra de l’US-RDA a, à partir de la sagesse africaine selon laquelle les vieux sacs de piment peuvent toujours faire éternuer, affirmé que les deux partis ont décidé d‘ « asperger d’eau ces vieux sacs, les composter et, de l’engrais nourricier ainsi obtenu, fertiliser le terreau des valeurs positives de notre peuple ».

Et le Secrétaire politique du parti de la charrue de déclarer que les deux partis «comptent sur chacun afin que se dissipent les passions dans une symphonie des cœurs apaisés et d’esprits réconciliés dans un Mali émergent et respectueux de nos valeurs cardinales».

La Déclaration commune consacrant cette réconciliation, a été lue par Mody Fily Dabo Sissoko et signée par les deux responsables politiques à la grande joie d’un ATT, un digne fils RDA, aux anges.

Des prières de bénédictions ont été ensuite dites pour sceller définitivement auprès du Tout puissant cette paix et ce bonheur pour le peuple du Mali.

Fait notoire et inédit à signaler : la rencontre devrait accueillir le Général Moussa Traoré, comme annoncé dans les coulisses par le Protocole de la République. Mais aux dernières nouvelles, l’embouteillage monstre dans la circulation routière n’aurait pas permis à l’ancien président de la République de venir assister à l’événement.

La seule fausse note de cette cérémonie a été l’absence vite remarquée du ministre (US-RDA) des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, l’ancien Secrétaire général du parti, Dr. Alou Badra Macalou. Est-il ainsi laissé à quai par le train de la réconciliation?

Bruno Djito SEGBEDJI

L’Indépendant du 01 Avril 2010.

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PSP/US-RDA : Réconcilies!

Les deux partis ont signé une déclaration commune qui met fin à la brouille qui les opposait depuis plus de 63 ans3.L’instant était historique et l’émotion était à son comble mardi au Centre international des conférences de Bamako. L’événement, c’était la cérémonie de signature d’une déclaration commune entre les partis US-RDA et PSP. Il faut dire que les deux partis ne s’étaient plus mis autour d’une table depuis le 22 octobre 1946.

Depuis donc 63 ans, 5 mois et 8 jours leurs chemins divergeaient. Ils ont gardé en commun une chose : la passion du Mali. Tout le reste les a opposés. Ils n’avaient pas la même appréciation sur la fin de la domination coloniale. Ils n’étaient pas d’accord sur la voie à suivre pour le Mali indépendant. Jusqu’au bout, leurs militants se sont combattus. Des familles se sont déchirées à cause d’eux.

Tout le Mali a pu sentir les conséquences de leur opposition. Les rancœurs sont restées tenaces malgré le temps qui a fait son effet. Le Parti progressiste soudanais (PSP) qui a changé entre temps de dénomination tout en gardant le même sigle en devenant le Parti pour la solidarité et le progrès est le premier parti politique que le Soudan français a connu.

Son rival de toujours, l’Union soudanaise – section du Rassemblement démocratique africain- (US-RDA) se veut le parti de l’indépendance. L’un et l’autre se veulent au service du Mali. Certains avaient désespéré qu’un jour, ils puissent se réconcilier. Mardi, pour la première fois depuis l’historique congrès du 22 octobre 1946 ils ont décidé d’enterrer la hache de guerre et de fumer à tout jamais le calumet de la paix. Ils étaient là en 1960 à la naissance du Mali moderne. 50 ans après, ils ne pouvaient offrir meilleur cadeau au pays qu’une réconciliation entre ses fils.

Le PSP et l’US-RDA ont donc signé mardi une déclaration commune qui met fin à la brouille qui les oppose depuis plus de 63 ans. Le président du Parti pour la solidarité et le progrès, Oumar Hamadoun Dicko, et le secrétaire politique de l’US-RDA, Bocar Moussa Diarra, ont signé la déclaration commune au cours d’une cérémonie présidée par le directeur de cabinet du président de la République, Aliou Sankaré.

La cérémonie a enregistré la présence, de plusieurs ténors de la vie politique, de la société civile et des chefs religieux. Le président Amadou Toumani Touré, en invité surprise, a tenu à être de la partie. Le président du PSP, Oumar Hamadoun Dicko, qui est le président de la Commission d’organisation du Cinquantenaire a tenu à relever dans son allocution le caractère exceptionnel du moment, en jugeant que 2010, l’année du Cinquantenaire de l’indépendance, doit être une année de pardon et de réconciliation et d’un nouveau départ. Les deux partis, les tout premiers du pays, se devaient de donner l’exemple.

Oumar Hamadoun Dicko a fait remarquer que les Anciens sont encore parmi nous à travers les valeurs qu’ils nous ont inculquées, à savoir, le respect, l’amour de la patrie, le don de soi. Il a appelé à célébrer leur mémoire, à panser les plaies et à travailler pour un Mali apaisé. A sa suite, le secrétaire politique de l’US-RDA, Bocar Moussa Diarra a jugé qu’il s’agit là d’un événement historique important.

Tout en faisant référence à l’adage du vieux sac de piment qui peut toujours faire éternuer, il a appelé à vider proprement tout le contentieux pour partir sur de nouvelles bases. La division ne peut qu’affaiblir. Dans l’union tout reste possible. Le PSP et l’US-RDA étaient là il y a cinquante ans, a-t-il fait remarquer. Par une coïncidence heureuse, ils marquent le cinquantenaire finissant et celui naissant par cet acte historique.

Ces deux allocutions ont été suivies par la signature solennelle de la déclaration par les deux leaders politiques sous les yeux du directeur de cabinet du président de la République Aliou Sankaré. A ce moment, l’émotion était à son comble. Aliou Sankaré a révélé que le président de la République avait souhaité, suggéré et même suscité, ces retrouvailles. Il a appelé à oublier les déchirures du pays et à se tourner vers l’essentiel, avant d’inviter les Maliens à se retrouver autour de ce qui nous unit, à savoir le Mali son développement et le bien être de sa population.

Amadou Toumani Touré qui venait d’arriver dans la salle à la surprise générale, a pris la parole pour exprimer sa joie de voir les fils de ce pays se réconcilier. Les communicateurs traditionnels à travers Mohamed Ben Chérif Diabaté et Barou Dembélé ont vivement salué la portée historique de l’événement et remercié les acteurs de cette réconciliation tant attendue.

Au nom de la communauté musulmane, le prêcheur Thierno Hadi Thiam, a béni la cérémonie avant d’inviter les leaders des deux partis à aller au-delà de cette cérémonie et à mener des actions pour parvenir à une vraie réconciliation des cœurs et des esprits. Il a relevé que les divergences entre ces deux formations étaient telles que des familles se sont disloquées et que des voisins ne se fréquentaient plus depuis plus de cinquante ans.

Monseigneur Jean Zerbo, l’archevêque de Bamako, a salué ce « vent d’espoir » qui souffle sur le pays avec cette réconciliation. Le Cinquantenaire, de son point de vue, n’aurait pas eu tout son sens sans cet événement. La cérémonie a pris fin par une photo de famille qui immortalise ce moment historique.

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A la fois fils du PSP et de L’US-RDA…

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a surpris tout le monde en arrivant dans la salle des 1000 places du Centre international des conférences de Bamako à 17 h 30, juste après la signature de la déclaration comme PSP-US-RDA par Oumar Hammadoun Dicko et Bocar Moussa Diarra.

En fait, la présence du chef de l’État à cette cérémonie de réconciliation entre le PSP et l’US-RDA n’a rien de surprenant. Et pour cause : il a été pour beaucoup dans l’aboutissement de ce processus. C’est que Amadou Toumani Touré se considère lui-même comme un fils du RDA et du PSP. Une partie de sa famille était proche du RDA. « C’est le RDA qui m’a envoyé à l’école. J’ai été pionnier RDA », dira-t-il après la signature de la déclaration.

De l’autre côté, il est, par sa mère, le neveu du sénateur Mamadou M’Bodge du PSP. C’est dire qu’il a vécu véritablement l’opposition entre les deux partis historiques. Il ne pouvait que s’employer à œuvrer en faveur du rapprochement entre les deux formations. C’est donc en fils du RDA et du PSP puis en tant que président de la République qu’il prenait part à événement.

Signe des temps, cette cérémonie de réconciliation intervenait au lendemain d’un autre événement peu ordinaire pour le chef de l’État : la rencontre avec son prédécesseur, le général Moussa Traoré, dans une cérémonie officielle. Depuis les événements de mars 1991, Amadou Toumani Touré assure avoir toujours évité de rencontrer Moussa Traoré lors des cérémonies sociales.

Mais dimanche dernier, en se rendant aux obsèques de Sidi Boubacar Bally, il a été surpris de se trouver face à l’ancien chef de l’État. L’ancien et l’actuel chef de l’État échangèrent une accolade et quelques amabilités. « Ça, c’est le Mali ! », a lancé ATT partisan de faire preuve aujourd’hui de hauteur d’esprit et dépassement de soi.

Allaye Lam

L’Essor du 01 Avril 2010.

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Signature d’une déclaration commune de réconciliation US-RDA / PSP:Une vraie fausse réconciliation

Le Secrétaire politique de l’Union Soudanaise RDA, Bocar Moussa Diarra, et le Secrétaire général du PSP, Oumar Hammadoun Dicko, ont fait, le mardi 30 mars 2010, une déclaration commune dans la salle des 1000 places du CICB, en présence de plusieurs personnalités et leaders politiques du Mali.

De réconciliation, il n’y a aucune action concrète annoncée pour sceller ce bonheur des cœurs et des esprits. En dehors de la littérature, abondante, on est loin d’une réconciliation. C’était du tape à l’œil ,décidé par les officiels.

Le premier signe de cette vraie fausse réconciliation réside dans la faible mobilisation des cadres et militants des deux partis, absents au cours de cette cérémonie, qui a quand même enregistré la présence du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré.

Dans la déclaration, on note ceci: « S’inscrivant pleinement dans la démarche consensuelle du président de la République, Son Excellence, Monsieur Amadou Toumani Touré, dans son expression retrouvons ce qui nous unit, décidons de nous retrouver, dans un esprit d’ouverture, de compréhension mutuelle et de service à la Nation, à l’occasion du Cinquantenaire du Mali; prenons solennellement l’engagement de réconcilier la mémoire et les esprits de tous ceux qui, par les vicissitudes de l’histoire politique de notre peuple, se sont parfois opposés dans leur vision pour un Mali fort, rayonnant et prospère; appelons à la réconciliation des cœurs et des esprits, pour la réhabilitation de nos valeurs et idéaux partagés; appelons au sursaut salvateur, propice à un meilleur développement du Mali apaisé; invitons le peuple du Mali à soutenir cette initiative historique ».

A-t-on besoin de ce folklore de mauvais goût pour proclamer que le PSP et l’US-RDA se sont réconciliés? Que non! Un écrivain allemand disait que le secret de la réconciliation avec soi-même réside bien dans le souvenir. Sans rappeler l’histoire et sans remuer le couteau dans la plaie, il faut dire que ces deux formations politiques historiques du pays, le PSP, créé le 13 février 1946 et l’US-RDA, née le 18 octobre 1946 ont toujours été des ennemis jurés.

Le parti de Fily Dabo Cissoko dominait la scène politique jusqu’en mars 1957, lors des élections générales qui ont vu naître la suprématie du RDA, avec 57 sièges contre 6 pour son rival. C’est dans ce contexte politique que le Mali sera indépendant et la proclamation de cette libération du joug colonial a été faite par Modibo Kéïta, le 22 septembre 1960 lors du congrès du RDA.

Dans la mouvance de cette fête le PSP, à travers son leader charismatique, s’est même dilué dans le RDA. Avec les manifestations de 1962 contre le franc malien, Fily Dabo Cissoko, Hammadoun Dicko et Kassoum Touré seront arrêtés, jugés par un tribunal populaire et déportés à Kidal, avant d’être sauvagement assassinés en 1964.

Nous faisons l’économie des autres exactions du régime US-RDA durant les années de son règne. Depuis, beaucoup d’eaux ont coulé sous les ponts, avec l’avènement du régime dictatorial de Moussa Traoré et de celui, démocratique, du double quinquennat du président Alpha Oumar Konaré.

Pardonner sans oublier?

Depuis, les uns et les autres se sont ont pardonné. Sans, peut-être, oublier. Sans déchirer les pages de l’Histoire. Depuis, un travail de mémoire, de reconnaissance et de réhabilitation des anciens a été entrepris par le régime ADEMA. C’est ainsi que Modibo Kéïta a été dignement réhabilité, à travers un Mémorial et un Stade qui porte son nom. Un lycée a été baptisé en Commune I du nom de Fily Dabo Cissoko et un autre à Mopti de celui de Hammadoun Dicko. Qui dit mieux!

Ce qui s’est passé mardi dernier relève du pur folklore. Une réconciliation ne se proclame pas, elle se vit à travers des actes. Les dirigeants du PSP et certaines victimes du régime de Modibo Kéïta ne se sont-ils pas opposés à l’organisation de funérailles nationales pour le père de l’indépendance?

Maintenant, si l’on oublie que « les haines sont si longues et si opiniâtres, que le plus grand signe de mort, dans un homme malade, c’est la réconciliation » (Jean de la Bruyère, extrait des Caractères), bonjour les maladresses.

Comment peut-on parler politiquement de réconciliation entre ces deux formations politiques? Étaient-elles encore en guerre? Que non! Le devoir de mémoire, le travail de l’historien imposent qu’à chaque fois que les circonstances l’exigent ce qui a été fait durant cette époque noire soit dit. Aucune réconciliation ne pourra empêcher cette réalité.

Le PSP, aussi bien que l’US-RDA, ne pèsent pas aujourd’hui sur l’échiquier politique national. Les deux partis représentent certes, historiquement, quelque chose.

Ils incarnent des valeurs qui tendent à disparaitre. Leur division, s’il en est une, ne perturbe point la gestion publique des affaires. Encore que, plusieurs vrais RDA et PSP ne sont plus dans ces deux partis aujourd’hui. Les gens ont pardonné, mais, de grâce, il ne faudrait pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

La soi-disant réconciliation de mardi dernier n’en est pas une. Cette déclaration n’apporte rien de nouveau dans la vie des deux formations politiques.

Depuis longtemps, elles se fréquentaient de nouveau et leurs relations s’étaient civilisées. Elles se sont retrouvées dans plusieurs coalitions politiques et ont même établi des listes communes, dans plusieurs localités du territoire.

La cérémonie de mardi dernier est une vraie fausse réconciliation, parce que le PSP et le RDA n’ont rien décidé comme activités qui n’aient été faites auparavant.

C’est une simple machination politicienne, tendant à donner bonne conscience à celui qui a réussi son putsch interne contre Macalou et à conforter le Président de la Commission d’organisation du Cinquantenaire du Mali.

A suivre.

Chahana Takiou

Le 22 Septembre du 01 Avril 2010.