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Dans le cadre de la commémoration du 18e anniversaire de la création de son association, le Cnid/Fyt a organisé le samedi 18 octobre 2008 au Centre islamique de Bamako, une conférence-débats sur le thème « valeurs culturelles maliennes ».

Dr. Seydou Badian Kouyaté, ancien ministre et auteur de l’hymne national, principal conférencier, a parlé des conditions dans lesquelles le Mali a opté pour la démocratie et le sens de l’honneur chez les Maliens. Pour Seydou Badian, les Maliens doivent refuser la dépersonnalisation en se mettant à la quête de soi à travers nos ancêtres. Et pour cela il est important de chercher à savoir d’où l’on vient d’abord, qui étaient nos ancêtres afin de mieux se connaître.

Il a déploré le manque d’éducation des jeunes d’aujourd’hui qui, à ses dires, ne comprennent pas le sens des valeurs morales et civiques. « De nos jours, le professeur ne peut plus frapper son élève, mais c’est l’élève qui insulte, voire frappe son professeur ».

Pour l’écrivain, la formation politique, morale et civique du peuple est la base de toute démocratie. « On doit d’abord aimer sa patrie pour pouvoir aller de l’avant », a-t-il affirmé et d’ajouter que, si le Mali devait se construire avec « saya ka fissa malo ye » ( mieux vaut la mort que la honte), il irait certainement de l’avant. A l’en croire, le Mali possède des ressources immenses, mais qu’il faut savoir mettre en valeur.

Pour le secrétaire général du Haut conseil islamique, Mohamed Kimbiri, le patriotisme est un acte d’humanisme dans l’islam. Il a évoqué les conditions dans lesquelles l’islam s’est implanté au Mali et en Afrique. Contrairement à beaucoup de pays, l’islam s’est implanté au Mali dans la paix et sans violence. « L’islam est venu confirmer ce que nos valeurs culturelles avaient déjà combattu, à savoir : le mensonge, le vol, l’adultère … » a affirmé M. Kimbiri. Vu l’importance que revêtent nos cultures anciennes, M. Kimbiri pense qu’on doit les sauvegarder.

Quant à Mamadi Kéita de l’association N’ko, il a insisté sur l’officialisation de nos langues nationales. Selon lui, les langues nationales sont importantes pour le développement d’un pays. « La langue parlée dans l’Assemblée nationale est le français alors que c’est le bamanakan que 90 % des Maliens comprennent ».

Selon M. Kéita, nous devons connaître nos langues nationales. « Soundiata Kéita, Biton Coulibaly, ne savaient s’exprimer que dans leurs langues nationales, ils ont pourtant réalisé tous les deux de grands exploits ».

Karamako Bamba de l’association N’ko, lui, pense que le Mali n’avance pas, parce les Maliens ne s’aiment pas. Il préconise de sauvegarder nos valeurs morales et civiques précieuses qui, ajoute-t-il, demeurent la base de tout progrès social.

Le président de Cnid/Association a affirmé qu’il compte organiser des conférences de ce genre dans les écoles pour inculquer aux élèves nos valeurs culturelles. Le président du parti, Cnid, Me Moutaga Tall, qui se remet d’une longue maladie, était présent à la conférence-débats.


Ramata S. Kéita

(stagiaire)

21 Octobre 2008