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Avec la multiplicité de ses cultures et la diversité de ses races et ethnies, le Mali bénéficie d’un trésor inépuisable et inestimable d’us, de coutumes et autres traditions. Le socle de toute société repose sur la famille, le mariage et le foyer conjugal, entre autres. Le mariage est une union fondée sur le consentement de deux personnes de sexe opposé.

Après les péripéties en prélude au mariage proprement dit, les deux conjoints doivent entrer dans la chambre nuptiale où ils resteront pendant sept jours après la première nuit de noce.

C’est surtout à leur sortie de la chambre nuptiale que les choses sérieuses commencent pour les nouveaux mariés. Cette rubrique s’appesantira surtout sur le rassemblement du trousseau de la mariée dans la famille de cette dernière et le déballage dudit trousseau, mais cette fois-ci au domicile du nouveau marié. Au cours du rassemblement des effets de la nouvelle mariée (dit « kogno minan siri »), la femme qui doit poser le premier pagne dans la valise « késsou » de la mariée doit être une femme jugée exemplaire, exempte de tout reproche, respectueuse de son mari et de son mariage et n’ayant jamais quitté son foyer conjugal.

De même, lors de l’ouverture de la valise de la mariée (« minan foni ») , c’est la « baléma mousso », une femme également jugée sans reproche, qui n’est ni veuve ni jamais divorcée, encore moins s’être livrée, même une seule fois, à l’adultère, qui posera la jarre à boire et la remplira d’eau pour la toute première fois. C’est dire qu’au cours de l’emballage et du déballage des effets de la mariée, n’importe quelle femme n’est pas habilitée à poser le premier pagne dans la valise de la dulcinée.

Concernant le choix de cette femme qui doit déposer ce premier pagne dans la valise de la nouvelle mariée sortie de la chambre nuptiale et en partance pour son foyer conjugal, les raisons sont aussi diverses que multiples. C’est d’ailleurs en ce moment que beaucoup de femmes se cachent ou se mettent à l’écart pour avoir maintes fois fui leur foyer conjugal, pour avoir divorcé maintes fois ou parce qu’elles sont out simplement veuves. Aucune de ces exceptions ne sont donc recevables. La femme ou l’épouse qui serait coupable ou victime d’une de ces fautes (ou malchances) est d’emblée exclue de cette opération révélatrice de l’honneur, de la fidélité et de l’honnêteté, bref de toutes les vertus qu’une épouses doit normalement posséder.

C’est pourquoi au moment de cette épreuve « fatidique », beaucoup de femmes se mettent à l’écart, voire à l’abri. Une femme ou épouse modèle est exigée tout simplement pour éviter à la nouvelle mariée ces « mauvais sorts » qui consistent à divorcer, à s’enfuir de son foyer conjugal, à désobéir à son époux ou à être accusée d’adultère ou d’infidélité.

C’est pour toutes ces raisons qu’un épouse sûre d’elle se présente pour sauver l’honneur en jurant sur sa fidélité et de n’avoir jamais contredit son mari ni s’être enfuie de son foyer conjugal. C’est de genre de femme dite « propre, probe et vertueuse» qui est habilitée à poser le premier pagne dans la « valise » (ou « késsou » en bambara) de la nouvelle mariée à l’occasion de l’emballage de son trousseau. Cette cérémonie du « minan siri » (textuellement : « attachement des bagages ») qui est rest » depuis lors un rituel, voire un événement.

Le « minan siri » obéit aux mêmes règles

Cette cérémonie aura lieu chez le mari : il s’agira de mettre une nouvelle jarre en place et de la remplir pour la première fois d’eau à boire. Ce rôle est en principe dévolu à la « baléma muso kuntigui » (la cheftaine des belles mères ou belles sœurs ?). Mais il faudra que cette dernière aussi soit en conformité avec les principes exigés de probité, de vertu, de fidélité, entre autres vertus. Là aussi, beaucoup de femmes sont exclues pour s’être enfuies de leur domicile conjugal, pour avoir divorcé ou pour d’autres fautes conjugales plus ou moins graves.

Dans tous les cas, ces femmes se connaissant entre elles concernant leur passé respectif qui ne laisse aucune place à la tricherie. Voilà de véritables principes initiés par les différentes communautés maliennes pour préserver, protéger et sauvegarder l’éthique, l’harmonie, la cohésion et surtout la morale tant au sein de la vie conjugale qu’au sein de la société elle-même.

C’est pourquoi il n’est pas bon, pour une épouse, de quitter son foyer (même pour une raison valable), sinon elle ne sera pas invitée à « poser le premier pagne dans la valise d’une nouvelle mariée », encore moins « poser la nouvelle jarre et de la remplir d’eau » chez le nouveau marié.

Abdoulaye Faman Coulibaly

18 Septembre 2012