Partager

Ce mardi 16, la dame A. A. et son mari ont connu les pires cauchemars. Il n’y avait pas moyen de faire une échographie en des heures avancées à Bamako, du moins pas en Commune IV.

Abdou A. attendait dans sa famille un heureux événement. Son épouse était en travail. Le mardi 16 septembre, il a été réveillé par son épouse qui sentait les premières contractions de son bébé. Il transporta d’urgence sa femme à l’hôpital Gavardo, le nouvel hôpital bamakois à Sébénicoro, en Commune IV. Il était une heure du matin. Là, après trente minutes, la sage-femme de garde décèlera des complications et demandera à Abdou d’aller faire une échographie. Et c’est là que débuteront ses malheurs.

« Dans un premier temps, on me fit savoir qu’il y a à Lafiabougou un centre d’analyse, Eureka. Je m’y rendis vers 2 heures du matin. Le technicien qui était de garde, donc qui devait passer la nuit, était déjà parti. Le gardien m’a demandé si j’ai du crédit dans mon téléphone, mais, nous l’avons appelé sans succès » .

En désespoir de cause, il conduisit son épouse au Centre de santé de référence de Lafiabougou. Là encore, pas de technicien, mais encore une fois, on le dirigea vers la Mutuelle de santé, toujours à Lafiabougou, en l’assurant qu’elle est ouverte 24h/24.

« C’était comme à Eureka, le technicien qui devait passer la nuit était rentré. J’avais du crédit, mais il ne décrochait pas » . M. Abdou, en désespoir de cause, jettera son dévolu sur le CHU Gabriel Touré. Il n’était pour autant pas au bout de ses peines, car à Gabriel Touré… il n’y avait pas de technicien. Il était rentré.

« Je me suis promené de la Commune IV à Gabriel Touré ce jour de 2 heures à 4 heures du matin, sans pouvoir faire une échographie, avec une femme qui souffrait et aucune compassion des services de santé » .


A. Kalambry

23 Septembre 2008