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Ce sont 47 accidentés de la voie publique (sur 62) dont trois décès qui ont été recensés au Centre universitaire hospitalier Gabriel Touré dans la nuit du 31 décembre.

Considéré comme le principal hôpital de Bamako, le Centre universitaire hospitalier (CHU) Gabriel Touré a reçu dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, 62 cas d’accidents, parmi lesquels 47 accidentés de la route. C’est le triste constat enregistré au Service d’accueil des urgences du CHU Gabriel Touré. Sur les 62 cas, 47 concernent les voies publiques avec trois jeunes morts tous noyés dans les eaux du Djoliba dont 9 hospitalisés, c’est-à-dire des cas supposés graves (entre la vie et la mort).
 » Dans la matinée du 1er janvier le service des sapeurs pompiers nous a amené trois jeunes sans vie, morts sur le pont des Martyrs ». Selon le chef service d’accueil, Dr. Diango Djibo, anesthésiste réanimateur urgentiste, sur les 47 cas, 70 % constituent des hommes et 30 % de femmes.

La tranche d’âge des accidentés est comprise entre 15 à 35 ans. Les accidentés du 31 décembre, aux dires de Dr. Djibo, sont en régression par rapport à ceux admis en 2009 qui étaient de 70 cas.
Pour le chargé à la communication du CHU Gabriel Touré, Adama Traoré, en 2010, dans le lot des accidentés hospitalisés à l’urgence du CHU, les jeunes occupent la tête de liste « avec le plus souvent des cas de traumatisme crânien ».

Répression comme solution

Dans le district de Bamako, les routes qui enregistrent le plus grand nombre d’accidents sont entre autres l’axe Sébenicoro, la route qui mène à la Commune I en traversant la Commune II. « Nous enregistrons le plus grand nombre d’accidents sur les deux tronçons », a souligné le chargé de communication. « Malgré les différentes sensibilisations des autorités et des acteurs non étatiques, le nombre d’accidents augmentent ».

A en croire M. Traoré, les motocyclistes constituent la majorité des accidentés en 2010. « Le plus souvent les jeunes ne respectent pas le code la route. Par indiscipline, ils ignorent la voie et montent sur les trottoirs et au finish percutent les piétons pour se retrouver dans le ravin », a-t-il souligné.

Face à cette montée de l’incivisme, le Dr. Djobo et M. Traoré, préfèrent que les autorités jouent la carte de la répression. « Si la sensibilisation n’a pas servi à diminuer les accidents de la route, il faut que les autorités se donnent les moyens de réprimander les récalcitrants », affirment-ils.

De l’avis de beaucoup d’usagers de la route, si la répression doit suivre, faudrait-il encore que les autorités jouent leur partition. « Les pistes cyclables ne sont pas construites. C’est le département des transports qui est aussi fautif que les accidentés ». A Bamako, en dehors de la route de l’OUA, aucun axe ne dispose de voie cyclable, affirme un motocycliste.

Malgré les propositions de réprimander, Dr. Djibo pense que le port du casque, le passage du permis de conduire pourraient avoir leur effet dans la réduction des accidents de la circulation.

Amadou Sidibé

04 Janvier 2011.