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La suspension de son 2ème vice-président, si elle est confirmée par la commission de conciliation et d’arbitrage, en attendant le verdict des militants à la base, pourrait coûter cher à l’URD. En effet, cette décision qui serait suscitée par Soumaïla Cissé pourrait mettre le feu à la case du parti de la poignée de mains.

En suspendant son 2ème vice président, Oumar Ibrahim Touré, la direction de l’Union pour la République et la Démocratie a pris une décision qui suscite émoi et colère, controverse et réprobation au sein de la grande majorité des cadres et militants du parti. Pire, cette décision risque également, si elle se confirmait au niveau de la commission nationale de conciliation et d’arbitrage saisie par Oumar Ibrahim Touré aux fins d’annulation, d’avoir de lourdes conséquences quant à l’unité et la cohésion du parti. Lequel se dirige tout droit vers l’implosion.

La semaine dernière, le duel entre Soumaïla Cissé, le mentor, et Oumar I Touré a atteint une intensité dramatique qui laisse plus d’un observateur interrogateur quant à son issue finale. La brouille entre les deux hommes remonte au dernier congrès de leur parti (les 26 et 27 avril derniers) qui devait, entre autres, procéder au renouvellement des membres de l’instance dirigeante. On se rappelle que, dans un premier temps, le 2ème vice-président, à la demande d’une très forte proportion de la famille URD, notamment les jeunes, avait voulu briguer le fauteuil du président du parti, occupé alors par Younoussi Touré.

Lequel est fortement soupçonné d’être une sorte de majordome chargé de garder la maison pour le seul compte de son mentor Soumaïla Cissé. Les défenseurs de la candidature de Touré avaient de solides arguments, mais aussi des griefs. Ils ne voulaient plus que les membres de la direction, notamment le président, soient manipulés de loin par un marionnettiste sans véritable expérience politique.

Ils réclamaient, par conséquent, plus de pratiques démocratiques dans les prises de décisions, la mise en place et le fonctionnement des instances de leur parti. Ils voulaient également et surtout, afin de conforter les succès jusqu’alors engrangés par eux, du sang neuf, donc un rajeunissement du bureau exécutif national. A cet égard, nul doute pour eux que le président Younoussi Touré devait être remisé dans quelque placard. Le mentor Cissé ne l’entendait pas de cette oreille.

Revenu en catimini de Ouagadougou (Burkina Faso) où il réside, étant le président de la commission de l’UEMOA, il aurait exhibé, selon certaines indiscrétions, une liste de bureau confectionnée par lui et lui seul. Bien entendu, il avait pris soin de répartir tous les postes importants entre quelques comparses, dont son vieux protégé Younoussi Touré.

A l’ouverture du congrès, présenté officiellement pour la première fois comme étant le fondateur du parti, il a pris la lourde responsabilité de faire un discours sentencieux et menaçant, absolument hors de propos, dans lequel il condamnait déjà quiconque osait s’opposer à ses quatre volontés.

Le deuxième vice-président, devant les facteurs d’instabilité qui auraient alors menacé son parti, a choisi, selon certains de ses proches, de faire machine arrière en s’abstenant de présenter sa candidature. Il avait à cœur de préserver l’unité et la cohésion de son parti. Malgré cette décision, Cissé et son clan lui en ont tenu rigueur. Juste parce qu’il a osé avoir des prétentions pour le poste de président, contre la volonté du mentor, et même s’il n’est pas allé jusqu’au bout.

Aujourd’hui, il est en train d’avoir la seule récompense à laquelle il devait s’attendre de la part d’un homme comme Cissé. En face, les responsables de la première force politique, le PASJ, doivent être en train de se frotter les mains et de se réjouir de ce qui arrive à l’URD. Ils ont compris que Cissé n’est pas près de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel, dès lors qu’il a choisi l’option de la discorde et de l’exclusion.

Cheick Tandina

02 Octobre 2008