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En fin de semaine dernière, l’Union pour la République et la Démocratie, au prix d’intenses tractations, a retrouvé le calme, après les agitations provoquées par l’annonce de la candidature de Oumar Ibrahim Touré, à la présidence du parti, lors du prochain congrès de l’URD, prévu pour fin avril.

Deuxième vice président du parti, Oumar Ibrahim Touré n’avait guère fait mystère de son intention de prendre les rênes de l’URD, lors des assises à venir. En somme, Touré et bon nombre de cadres du parti n’apprécient pas la façon dont l’URD est actuellement gérée par Younoussi Touré.

En vérité, c’est l’ingérence fréquente du mentor du parti, Soumaïla Cissé que fustige une frange importante de la direction du parti dirigée par le 2è vice-président. En effet, ces membres reprochent à l’actuel président de diriger le parti à partir d’instructions émanant de Ouaga, plutôt que de s’en référer aux décisions prises par la direction. En somme, dénoncent-ils l’absence de toute règle démocratique au sein de leur formation politique.

Ayant pris toute la mesure du danger qui guette sa formation politique, Soumaïla Cissé a débarqué à Bamako, le mercredi dernier.
Aussitôt après, d’intenses tractations et négociations se sont déroulées entre lui et le 2è vice-président Oumar Ibrahim Touré.

En plus, une réunion d’urgence ou de crise a été convoquée le même mercredi, dans la soirée. Houleuse, parfois tendue, elle aura duré quatre heures d’horloge.
Etaient présents, outre Soumaïla, Younoussi et Oumar, d’autres responsables du parti.
Selon nos sources, Soumaïla Cissé, lors de cette réunion, aurait supplié ses camarades d’éviter un affrontement préjudiciable à leur formation.

Au cours des débats, dans un premier temps, aucun accord n’était intervenu entre Touré et les autres. Et les responsables du parti présents étaient sur le point de se quitter sans aucun accord. La cassure pointait déjà entre les membres favorables à Oumar Ibrahim et ceux rangés derrière Soumaïla Cissé, via Younoussi Touré.

Il a fallu une ultime tentative entrevue entre Touré et Cissé pour que les deux parties aboutissent finalement à l’entente. Ainsi Soumaïla a demandé à Oumar Ibrahim Touré, à défaut de renoncer à sa candidature, de laisser le soin aux instances du parti d’en prendre l’initiative.

C’est finalement cette option qui sera privilégiée par les participants qui se sont entendus sur la nécessité de traiter la question de façon consensuelle.
En clair, les responsables du parti ont proposé et décidé que l’éventuelle candidature de Oumar Ibrahim Touré soit discutée par les instances du parti. Celui-ci a finalement accepté le principe au nom de la sauvegarde de l’unité du parti.

Depuis l’annonce de sa candidature, Oumar Ibrahim Touré a été démarché par plusieurs personnes, dont des notabilités du nord et des doyens du parti. Tous ont sollicité auprès de lui, une certaine retenue dans le règlement de la crise naissante.
En définitive, l’actuel ministre de la santé a accepté de « cesser les hostilités ». Mais acceptera-t-il de rendre les armes ? Rien n’est moins sûr. Car le problème, à défaut d’être résolu, n’a été que différé.

Cependant des contacts, au-delà de la réunion, se sont poursuivis entre Soumaïla Cissé et Oumar Ibrahim Touré pour ramener définitivement le calme au sein de la famille URD avant le congrès. Dans ce cadre, ces mêmes contacts devraient, selon nos sources, se poursuivre à Bamako et éventuellement à Ouaga pour éloigner le spectre de la cassure. Et le ministre Touré pourrait, sur invitation de Soumaïla Cissé, effectuer le déplacement à Ouaga.

CH. Sylla

25 février 2008.