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Le camp de l’Union pour la République et la Démocratie s’agrandit de jour en jour. Ce qui ne manque pas d’inquiéter certains cadres politiques. « Qu’est-ce qui pousse les hommes à converger vers ce parti, en ces temps qui courent ?« , se demandent certains qui n’hésitent pas à parler de corruption à grande échelle.

Selon nos sources, l’URD s’est engagée dans une stratégie de conquête du pouvoir en 2012. De ce fait, un certain nombre d’hommes politiques susceptibles d’élargir la base du parti sont contactés pour renforcer sa capacité de mobilisation. Un cadre du parti nous a révélé qu’une de leurs forces consiste à recruter des leaders, des hommes dont la voix compte dans un cercle social bien déterminé. En somme, une stratégie mûrement conçue par des politiciens chevronnés. Il faut rappeler que l’URD est issue de l’ex-parti majoritaire qui a dirigé le pays pendant 10 ans, l’Adéma-PASJ.

Cette connivence avec le parti de l’Abeille subsiste toujours, doublée d’une connaissance des militants du Rassemblement Pour le Mali (RPM). La stratégie de l’URD s’est distinguée de celle des autres partis par sa capacité de proposition. En fait, le terrain paraît encore vierge pour tous ceux qui espèrent des postes importants au sein de la direction d’un parti et l’URD leur donne des espoirs dans ce sens. Leur financement qui avoisine les 400 millions cette année leur fait dire qu’ils détiennent le nerf de la guerre.

Au demeurant, l’éloignement de Soumaïla Cissé, le manque de charisme de Oumar Ibrahim Touré et de Younoussi Touré laissent une porte entrouverte pour des hommes politiques à la recherche d’un parti où leurs ambitions ont des chances de se réaliser.

C’est donc cette vague de promesses faites à des politiciens à la recherche de leurs repères perdus au sein de leur formation d’origine qui a créé cet engouement envers l’URD. L’Adéma regorgeant de cadres et le RPM ciblé dans l’opposition ne font pas bouger la classe politique autant que ce parti qui leur fait miroiter des lendemains avantageux.

Les dernières élections municipales et législatives ont contribué à soigner cette image d’un parti en train de surclasser la classe politique en menaçant sérieusement la position de l’Adéma-PASJ. Les cadres de l’URD restent à l’affût pour récupérer tous les frustrés des formations politiques en interminables querelles de leadership. Est-ce réellement la bonne stratégie quand on sait qu’on ne construit pas une maison avec le concours de ceux qui pratiquent la démolition de sa fondation ?

Tous ces hommes qui, pour leurs intérêts personnels, ont opté pour l’atteinte aux statuts et règlement intérieur de leurs formations politiques demeurent-ils les exemples de la bonne éthique et du bon leadership pour leurs nouveaux partis d’adoption ? En tout cas, ce n’est pas en s’attaquant manifestement à des textes conçus légitimement quelque part qu’on pourra demain se prévaloir des qualités d’un rassembleur d’hommes autour des statuts et règlement intérieur. D’autant plus qu’au Mali, les textes des partis politiques se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Baba Dembélé

13 Février 2008.