Partager

Après l’agression perpétrée sur le Pr Djibonding Dembélé, Secrétaire général du comité syndical FSJP-FSEG, le jeudi 15 mai, par des étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques à qui il dispensait des cours de droit administratif, les enseignants du Supérieur ont initié une action d’envergure en décidant immédiatement d’arrêter le travail jusqu’à ce les auteurs de l’agression soient  » arrêtés, jugés et renvoyés « .

C’est ce que nous a déclaré le Secrétaire général du SNESUP, Pr Abdoul Mallé, que nous avons joint samedi au téléphone.

Professeur de droit administratif et Secrétaire général du comité syndical FSJP-FSEG (Faculté des Sciences Juridiques et Politiques-Faculté des Sciences Economiques et de Gestion) Djibonding Dembélé a été agressé par des étudiants alors qu’il donnait un cours à la Faculté des Sciences Juridiques et politiques, le jeudi 14 mai aux environs de 19 heures.

Il s’en est sorti complètement défiguré avec le nez cassé, l’œil amoché. Vu son état, il fut admis d’urgence à l’hôpital Gabriel Touré. Ayant perdu beaucoup de sang, il tomba dans le coma aux environs de 22 heures. Heureusement que le matin – c’est-à-dire le vendredi 15 – il s’est réveillé. Les examens radiologiques ont montré que le nez, l’œil, la bouche et la tempe étaient les plus touchés.

Le professeur Djibonding Dembélé sera transféré le même jour au Centre d’Odontostomatologie. Le professeur Abdoul Mallé, Secrétaire Général du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP) que nous avons joint, samedi vers midi, a laissé entendre qu’il venait de rendre visite à Djibonding et que ce dernier avec qui il a causé était hors de danger.

Mais, signale Abdoul Mallé, depuis les événements malheureux de la FSJP, tous les professeurs du supérieur ont décidé d’arrêter le travail. Jusqu’à ce que les agresseurs soient  » arrêtés, jugés et renvoyés « , car  » le Mali n’a pas besoin de cancres « .

Le Secrétaire général n’avait de mots assez durs pour fustiger ce qu’il appelle  » la gestion criminogène du ministre en charge de l’Enseignement supérieur « .

Les auteurs de l’agression ont perpétré leur forfait après la proclamation des résultats de la deuxième session car ils n’ont pas bien apprécié le fait que le jury n’a pas repêché jusqu’à 7 de moyenne qui, selon le règlement, est une note de renvoi.

D’autant que, selon toujours le Secrétaire général du SNESUP, c’est le ministre en charge de l’Enseignement supérieur qui aurait posé cette exigence. Il aurait précisé, à en croire toujours Abdoul Mallé, que si le jury de délibération ne repêchait pas jusqu’à 7, il ne répondrait de la sécurité des enseignants.

De là à établir un lien entre cette décision et le fait que l’épouse du ministre a échoué aux deux cessions, il n’ y avait q’un pas que le Secrétaire général du SNESUP a franchi allègrement. D’où également sa petite phrase sur  » la gestion criminogène du ministre « .  » Le jury de délibération est souverain.

Il peut ne pas recourir au repêchage qui, du reste, est un arrangement et non une obligation. Et en aucun cas, le ministre ne peut se substituer à lui  » de soutenir le Secrétaire général du SNESUP. Le jury a repêché, cette fois-ci, jusqu’à 8 de moyenne pour la première année, 8,5 pour la 2e année et 9 de moyenne pour les 3e et 4e années.

Lors de cette 2e session, ce sont 31% qui ont été repêchés, contre 20% lors de la première session. L’un dans l’autre, assure Abdoul Mallé, ce sont plus de 50% qui ont été repêchés.

Rappelons que lors de la première session ce sont 3% seulement des 5 000 étudiants de la première année qui avaient été admis. Des résultats qui avaient été accueillis, le 6 février 2008, par des actes de violence soldés notamment par l’agression, à coups de machette, de Ibrahim Cessay, chef DER FSJP, l’incendie du bureau du Secrétaire principal et la mise à sac du bureau du doyen de la Faculté.

Ces actes de violence ont été suivis d’une grève illimitée décrétée par les enseignants du supérieur, mais qui en réalité, n’aura duré que deux jours (les 26 et 27 février).

Les négociations qui ont suivi ont été sanctionnées par un protocole d’accord aux termes duquel l’Etat s’est engagé à assurer la sécurité des enseignants du supérieur. Fort de protocole d’accord, ceux-ci avaient suspendu leur mot d’ordre de grève.

« Face à la nouvelle donne, force est de constater que l’Etat a failli à son engagement d’assurer la protection des enseignants. Nous ne sentons pas du tout l’Etat. Nous constatons aussi que les étudiants de la FSJP, qui avaient naguère prôné l’apaisement, se sont écartés de l’attitude de la maturité qu’ils avaient affichée lors d’une récente assemblée générale.

Devant la nouvelle situation nous ne faisons que réchauffer le plat, car la grève n’était que suspendue  » conclut le Secrétaire général du SNESUP, avec un brin d’humour.


Yaya SIDIBE

l’Indépendant du 19 Mai 2008