Partager

Ces derniers temps, la question de l’école, notamment de l’enseignement supérieur est au centre des débats à cause des difficultés que connaît le secteur. Chacun y va avec ses commentaires et interprétations qui ne tiennent pas toujours compte des textes régissant l’Université de Bamako.

Face à certaines interprétations dans des journaux, le recteur de l’Université de Bamako Mme Siby Ginette Belgarde, estimant que les textes qui régissent l’Université ne sont pas souvent bien « connus » a rencontré le vendredi denier des journalistes. A ceux-ci, elle a expliqué grosso modo le fonctionnement de l’Université de Bamako.

D’entrée de jeu, Mme Siby a dit que l’Université de Bamako est régie par deux textes : la loi n°06-007 du 23 janvier 2006 portant sa création, et le décret n°06-115 P-RM fixant son organisation et les modalités de son fonctionnement.

Tout en rappelant que l’Université de Bamako a pour mission de contribuer à la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, le recteur précise que son administration et sa gestion sont assurées par le conseil de l’Université qui est l’organe délibérant, le rectorat n’étant qui l’organe d’exécution des délibérations du conseil.

Quant au conseil pédagogique et scientifique de l’Université, il est l’organe consultatif.

Avec cinq Facultés et deux instituts, les structures de l’Université de Bamako, selon la conférencière, ont une certaine autonomie qui ne saurait être violée ni par le rectorat, ni par le conseil et même pas par le ministère de tutelle. Le conseil joue un rôle de premier plan dans la gestion de l’université de Bamako.

Il se réunit par an en deux sessions (une session budgétaire et une session faisant le bilan de l’année écoulée et les prévisions de la nouvelle année). « Malheureusement, les chosent ne se déroulent ainsi », regrette le recteur.

A propos du rectorat, elle dira qu’il est d’abord un organe « d’exécution », qui comporte le service des ressources humaines, le service de la scolarité et de l’orientation, le service des affaires juridiques et des équivalences, celui des relations extérieures et de la coopération et le service du patrimoine.

Trop d’étudiants, peu d’enseignants

Le rectorat, exécute les délibérations de conseil, ordonne les recettes et dépenses, met en œuvre les modalités de délivrance de diplômes, des titres et certificats sanctionnant les études…

Pour le recteur, le dysfonctionnement des établissements universitaires est en grande partie imputable à l’effectif pléthorique (63 000 étudiants) contre un effectif insuffisant d’enseignant (700).

Et sur ces 700 professeurs, 250 ne sont pas titulaires d’un doctorat. Or, selon le recteur, pour enseigner à l’Université, « il faut avoir au moins le doctorat et commencer par l’assistance ».
Aussi la recherche qui est une des missions du rectorat reste-t-elle un volet à développer. Pour la conférencière, l’ouverture de l’Université de Ségou contribuerait fortement à décongestionner Bamako qui continue à recevoir tous les bacheliers du Mali.

« Les textes prévoient pour un professeur 8 heures de cours, mais aujourd’hui la majorité d’entre eux se retrouve avec plus de 16 h de cours par jour. Et comment voulez-vous qu’un enseignant qui mène une activité d’enseignement aussi intense puisse se consacrer à la recherche », s’interroge le recteur qui révèle que les prévisions du rectorat mettent un accent sur la formation des formateurs en « quantité et en qualité ».

Cependant, Mme Siby Ginette Belgarde se félicite du pôle d’excellence de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) dirigé par le Pr. Ogobara Dombo et des dispositifs de blocs scientifiques de recherche qui commencent à se mettre en place à la Faculté des sciences et techniques (Fast).

Eu égard nombreuses difficultés imprévisibles liées aux grèves et autres perturbations, l’administration de l’université a du mal à uniformiser l’année universitaire des facultés et instituts qui doivent en principe démarrer les cours et faire les examens en même temps.

« Cela constitue un problème, mais avec le conseil de l’Université nous sommes résolument engagés à faire respecter les 25 semaines de cours nécessaires pour valider une année universitaire », assure-t-elle.

Pour pallier certains problèmes de formation, Mme Siby Ginette Belgarde révèle que le rectorat entend tabler sur la formation à distance, qui prévoit la construction d’un centre de formation à distance.


Amadou Waïgalo

23 Juin 2008