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Le vendredi 29 Août 2008, à l’hôtel “Le Woloni”, dans la Commune rurale de Sélingué, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Pr Amadou Touré, a procédé à la clôture des travaux de la première édition de l’Université d’Eté 2008, en présence (entre autres) des autorités locales de ladite Commune, des Directeurs nationaux des Enseignements Secondaire, Technique et Professionnel et du Conseiller culturel de l’ambassade de France au Mali.

Il faut d’abord le souligner que l’Université d’Eté est un programme mis en œuvre par la Direction Nationale de l’Enseignement Secondaire général (DNESG) dans le cadre du Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP, Appui au renforcement du français au Mali).

Ainsi, cette première phase, qui a consisté en une session de formation de deux semaines (du18 au 29 Août 2008) à l’intention de 75 chefs de comité pédagogique, portait sur le thème : “Pédagogique du français, langue d’enseignement et sa transdisciplinarité”.

Contexte et justificatif

L’effectif des élèves devant apprendre le français est d’environ 100 000 élèves. Pour assurer cet enseignement, 2 200 enseignants en français (900 fonctionnaires et 1300 contractuels) sont actuellement mobilisés, soit 1 enseignant pour 46 élèves. De ce fait, certaines classes ne reçoivent aucun enseignement en français, notamment dans les zones rurales.

Actuellement, le déficit quantitatif d’enseignants en français est évalué à environ 1000 enseignants. De plus, nombre de ces enseignants n’ont pas le profil requis ; car ils n’ont pas reçu de formation initiale et (ou) continue. De surcroît, les enseignants formés n’ont pas toujours bénéficié de formation continue et ont une insuffisance dans la maîtrise de la langue française.

En effet, ils sont encadrés seulement par 37 inspecteurs, toutes matières confondues (soit un inspecteur pour 60 enseignants), qui n’ont pas reçu assez de formation spécifique et sont recrutés sur nomination.

Enfin, les jeunes sont tous issus d’un cursus élémentaire, majoritairement en langue nationale, et maîtrisent de moins en moins le français, au regard de générations antérieures. Il y a donc un déficit qualitatif qu’il faut combler sur le plan des connaissances et méthodes pédagogiques.

Le déficit d’enseignants formés s’aggravera encore dès que les objectifs initiaux de la réforme seront réellement mis en œuvre. Pour pallier à cette situation, chaque stagiaire de la formation de l’Université d’Eté (qui se tiendra tous les ans) serait potentiellement retenu pour être formateur d’un groupe d’enseignants du secondaire, pour réaliser des missions dans les régions du Mali.

Aussi, avec le soutien du poste, ce partenariat entre la coopération française et notre pays devrait aboutir à une proposition de formation des enseignants de l’Enseignement Technique et Professionnel.

Dans tous les cas, selon M. Claude Godard, le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France au Mali déploiera tous les efforts nécessaires aux côtés des autorités du Mali pour le développement de notre éducation. Il a également fait savoir qu’il y aura bientôt une session de formation à l’intention des inspecteurs disciplinaires.

Pour sa part, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Pr Amadou Touré, a indiqué que le gouvernement du Mali fait de l’éducation la première priorité nationale.

C’est pourquoi, chaque année, il lui alloue plus de 30% du Budget d’Etat. Mais les actions des différents partenaires techniques et financiers sont surtout dirigées sur l’éducation de base, a-t-il fait savoir. Ce qui fait que l’enseignement secondaire général a beaucoup de difficultés à financer des activités de cette nature.

Cependant, il a remercié le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France pour son accompagnement, à travers le Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP), dans sa composante “Appui au renforcement du français”, langue d’enseignement et de communication.


Moussa TOURE

01 Septembre 2008