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Les Facultés, instituts et grandes écoles du Mali sont loin de connaître l’accalmie tant souhaitée. De la rétention des notes au niveau du supérieur aux situations prévalant à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), à la Faculté des sciences économiques et de gestion et à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie, les problèmes sont nombreux à résoudre. De quoi donner du fil à retordre au ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique.

Face à cette situation aux conséquences dévastatrices, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) a manifesté son désarroi hier au cours d’un point de presse à la Maison de la presse. La rétention des notes refait surface après celles dont ont été longtemps victimes les résultats du baccalauréat et des instituts de formation des maîtres (IFM) pour le compte de l’année scolaire 2006-2007. Le tour revient au supérieur.

Dans un préavis de grève en date du 10 novembre 2006, le Snesup avait adressé trois points de revendications au gouvernement dont la satisfaction des points d’accord contenus dans le procès-verbal de la réunion de conciliation Snesup-gouvernement en date du 18 juillet et l’octroi d’une indemnité de logement aux enseignants du supérieur et aux chercheurs. Si le gouvernement a satisfait la première demande, il n’a, jusqu’à présent, pas honoré ses engagements en ce qui concerne les autres points de doléances, a déploré Dr. Abdou Mallé, secrétaire général du Snesup.

« A présent, le Snesup constate : la non parution du décret réglementant les tâches liées aux examens (correction des copies, surveillance des examens, secrétariat) ; la non-régulation de la situation administrative de nombreux enseignants », a fulminé Dr. Mallé qui ne comprend pas que « les tâches liées aux examens de tous les autres ordres d’enseignement soient rémunérées excepté l’enseignement supérieur », nonobstant les effectifs pléthoriques.

Le gouvernement est donc sur la sellette dans cette « crise artificielle qui ne devait pas se produire », a-t-il déploré avant de préciser que cette injustice doit être réparée. Pour l’heure, la conséquence est que des étudiants ont été, entre autres, sevrés de concours d’entrée à la fonction publique, et il ne saurait être question de nouvelle rentrée scolaire dans de telles conditions.

Des collègues auteurs du désordre

Sur la situation de la FSJP et de la FSEG, le secrétaire administratif du Snesup, Djibonding Dembélé, n’a pas mâché ses mots face à l’attitude de certains collègues qu’il accuse d’être les instigateurs de la zizanie. Même si les examens se sont « bien » déroulés dans l’ensemble dans les deux facultés « grâce à la collaboration du Snesup », ceux de la FSJP ont connu des problèmes.

Ces difficultés, a souligné M. Dembélé, sont imputables au camp perdant lors des élections du doyen. A ses dires, ce camp a déloyalement tout mis en œuvre pour perturber le bon déroulement des examens, y compris la mobilisation des étudiants contre l’administration en place. Leur objectif, a-t-il ajouté, était que les gens disent que l’administration n’est pas à la hauteur de ses missions. Il a aussi parlé des « prétendues mutations arbitraires de certains enseignants membres du Snec ».

Après avoir tenté de justifier, cas par cas, le bien-fondé de la mutation des « récalcitrants », il dira que ces derniers, conscients de « la gravité des fautes commises » ont voulu chercher refuge en créant un comité syndical Snec et à « déstabiliser » les administrations des deux facultés tout en faisant pression sur le recteur pour l’annulation des mutations.

La situation de la FMPOS n’a pas été occultée. Le Snesup ne passe pas par quatre chemins pour la résolution de ce bras de fer entre étudiants et autorités universitaires. Il propose le dialogue. M. Mamadou Bâ, rapporteur de la commission contrôle du Snesup, s’est élevé contre le refus du doyen de cette « faculté d’envergure internationale » d’échanger avec les étudiants, qui forment pourtant un bloc uni et solidaire.

Il a regretté que ce problème soit géré par les seuls ministères de l’Education et de la Santé. Eu égard à la réticence du doyen, Pr. Anatole Tounkara, d’écouter son syndicat, le Snesup, Dr. Mallé a renchéri qu’ « il doit faire attention en revenant à de meilleurs sentiments parce que c’est lui qui payera les pots cassés ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

17 octobre 2007.