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Après « l’ignorance totale » de leurs doléances et « l’absence de dialogue franc », le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) du Centre national des œuvres universitaires (Cenou) a décidé de maintenir son mot d’ordre de grève de 48 h, qui a commencé hier.

Il y a quelques jours nous évoquions le capharnaüm dans lequel les évaluations au niveau de l’enseignement supérieur ont lieu. Cette situation ne s’est guère améliorée. Au contraire, elle risque de s’envenimer avec les conséquences plausibles de la grève de 48 h déclenchée mardi par le personnel du Centre national des œuvres universitaires en cette période d’évaluations dans plusieurs facultés de Bamako.

Créé par l’ordonnance n°01/051 P-RM du 25 septembre 2001, le Cenou est un établissement public national à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Sa mission est de permettre aux étudiants d’étudier dans des conditions idoines (transport, logement, restauration, santé, aide sociale, bourses….) hormis les activités pédagogiques.

Aujourd’hui, le personnel dit en avoir assez de ses conditions de travail après des années d’agonie et de sacrifices. Après qu’il n’y ait eu aucune suite à son préavis de grève déposé au niveau du ministère de la Fonction publique, du ministère de l’Education nationale et surtout au niveau du directeur du Cenou, le comité syndical a finalement décidé d’exécuter son mot d’ordre de grève en « considérant la mauvaise foi et l’absence de dialogue avec la direction générale du Cenou, du ministère de l’Education nationale et du ministère de la Fonction publique, et la non satisfaction des points de revendication soumis à leur attention ».

« Au préalable, nous avions menacé de déposer un préavis de grève au niveau du ministère de la Fonction publique, mais le directeur nous a demandé de ne pas le faire en promettant de donner le plein pouvoir à son adjoint pour la satisfaction de nos doléances au bout d’une semaine. Au délai, rien n’a été réglé et le directeur a même voyagé », explique Dr. Aboubacar A. Oumar, secrétaire général du comité Snesup Cenou. Pis, ajoute-t-il, « après le dépôt du préavis de grève le 8 août au ministère de la Fonction publique, personne ne nous a officiellement contactés jusqu’au 20 août ».

Les revendications du syndicat du Cenou s’articulent autour de trois points. Le premier a trait à la tenue du 1er conseil d’administration du Cenou depuis sa création en 2001 dans un bref délai. Le deuxième concerne la recherche d’un local adapté au Cenou pour la bonne marche du service. En effet, c’est « une villa de 4 chambres transformée en bureaux pour 89 agents ». Ce qui a comme conséquence, entre autres, « surcharge, encombrement, impossibilité de concentration sur le travail… ».

Le plus grand nombre de revendications sont regroupés au sein des accords non satisfaits avec le directeur du Cenou, Abdoul Haïdara. Parmi ces revendications, on retrouve la notation du personnel du Cenou, la signature des contrats des contractuels (chauffeurs, billettistes, gardiens, manœuvres) dont la majorité travaille depuis 2003, le recyclage du personnel du Cenou à travers les formations, stages et séminaires.

A ceux-ci, il faut ajouter la dotation du personnel technique du Cenou en équipements. « Comment comprendre que parmi les 14 agents techniques du Cenou, il n’y a qu’un seul qui soit équipé ? » s’insurge le secrétaire général du comité Snesup Cenou.

En attendant le bout du tunnel, le calvaire des étudiants a augmenté tant les effets de cette grève sont ressentis sur le terrain. Ainsi, en cette période d’évaluations, nombreux sont les étudiants qui éprouvent toutes les peines du monde à joindre leurs établissements avec l’arrêt des bus du Cenou. Ceux qui sont internés n’ont pas droit aux réparations des pannes au sein de l’internat et les omis de bourses nationales ne peuvent faire aucune réclamation.

A peine arrivés à l’université, les nouveaux bacheliers sont privés, pendant cette grève, de dépôt de dossier pour les bourses nationales en vue de la prochaine rentrée académique.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

22 août 2007.