Partager


Salia Mohamed Lamine Maïga, colonel de la Douane en retraite, autochtone de Gao, notamment de Tacharane, a démissionné de la présidence de la commission des Finances de l’URD. Avec lui, ce sont des centaines de personnes et plusieurs conseillers communaux qui ont abandonné le parti de Soumaïla Cissé, dans le cercle de Gao. Réputé être un homme politique discret et efficace, Salia Maïga milite désormais à l’ADEMA, auprès de son frère Dioncounda Traoré qui n’avait jamais compris pourquoi lui et Salia Maïga ne sont pas dans la même formation politique.

Depuis la tenue du deuxième congrès ordinaire de l’URD, les 26 et 27 avril dernier, le parti de la poignée de mains est resté grippé. Pire, ses militants et conseillers communaux commencent à le quitter à la base. Au niveau des organes du parti, le Bureau Politique National, fort d’une soixantaine de membres, a de la peine à se réunir de façon régulière. La démobilisation des troupes s’accentue.

Le président Younoussi Touré ne prend aucune initiative pour faire bouger les choses. Au contraire, c’est cette période qu’il choisit pour s’offrir un congé à Atlanta, aux Etats-Unis, loin des enquiquineurs du parti. A son retour, il trouvera des départs au sommet du parti notamment au niveau de la commission des Finances.

En effet, le président de cette commission spécialisée, Salia Mohamed Lamine Maïga, colonel de la Douane à la retraite vient de démissionner de l’URD.

Dans sa lettre de démission, il a justifié son attitude par des «raisons personnelles». Mais les observateurs de la scène politique savent que la tenue du congrès bâclé d’avril n’est pas étranger à ce départ. En effet, Salia Maïga, membre de la section URD de Gao, l’un des pères fondateurs de l’URD puisqu’il était du PMDR de Me Abdoul Wahab Berthé, occupait le poste du Secrétaire en charge des collectivités.

Mais au cours de ce congrès, les membres de l’instance dirigeante du parti ont été désignés par Soumaïla Cissé. Celui ci, a donc sorti, sans aucune raison valable, Salia Maïga de la direction du parti pour lui confier la présidence de la commission des Finances, une structure inopérante à l’URD. Depuis, le «doyen», comme l’appellent beaucoup de cadres URD, s’est démarqué de cette formation politique.

Réputé être un homme discret et humble, Salia Maïga a depuis l’ouverture démocratique, milité avec Me Abdoul Wahab Berthé, l’actuel ministre en charge de la Fonction Publique avec qui et bien d’autres, ils ont porté sur les fonts baptismaux le RDP, dirigé alors par feu Almamy Sylla. Ensuite, Salia Maïga a accompagné Me Berthé dans l’aventure du PMDR. C’est ce parti plus d’autres formations lilliputiennes et le groupe de Soumaïla Cissé, venu de l’ADEMA, qui ont créé l’URD, le 1er juin 2003.

C’est ainsi que Salia Maïga, un autochtone de Gao, précisément de Tacharane, une localité située à une vingtaine de km de la cité des Askia, s’est investi, corps et âme, pour implanter les structures du parti dans le cercle. Mais, il a été payé en monnaie de singe. «Mon seul regret est d’avoir quitté l’URD, laissant derrière moi, Me Abdoul Wahab Berthé», nous a-t-il confié.

Aussi, Salia Maïga a t-il décidé de rallier l’ADEMA dont le président, Dioncounda Traoré est considéré par lui comme son frère. Dioncounda lui même n’a jamais compris pourquoi Salia qu’il appelle intimement «Galas» ou «quatro» n’est pas dans le même parti que lui. Ils sont des amis depuis le lycée Terrasson de Fougère (Dioncounda Traoré était le secrétaire général des élèves) jusqu’en France où les deux ont poursuivi leurs études.

Les deux familles sont, malgré les vicissitudes de la vie, restées liées. Cette amitié, Salia Maïga la partage également avec IBK qui l’appelle de cet autre surnom : «Sir Alexon Sackey».

Un des premiers bacheliers de la région de Gao, Salia Maïga a fréquenté la Faculté droit de Paris, Panthéon (licencié en droit, en 1969). Au même moment, il suivait des cours à l’Ecole Nationale de Douanes de Neuilly où il était sorti comme Inspecteur des Douanes. Avant de poursuivre un stage à la Direction Nationale des Enquêtes Douanières à Paris.

De retour au pays, il occupa plusieurs fonctions dans l’administration douanière notamment aux enquêtes, au bureau 801 et à Kayes et Bamako-Koulikoro en qualité de directeur régional. C’est donc un cadre émérite doublé d’un homme politique efficace et surtout discret que l’URD a perdu au profit de l’ADEMA.

Chahana TAKIOU

30 Juillet 2008