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Energie – climat, questions migratoires, défense et agriculture, tels sont les quatre axes prioritaires de la présidence française de l’Union Européenne. Au-delà des déclarations d’intentions, quel sera l’impact du leadership français pour l’Afrique en général et le Mali en particulier ? La question était au centre d’une conférence de presse animée le 8 juillet par l’Ambassadeur de France au Mali, Michel de Reveyrand-de Menthon en sa résidence en compagnie de ses homologues de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas et du Chef de la délégation de l’Union Européenne, Giacomo Durazzo.

Préparée depuis quinze mois par les autorités hexagonales, la présidence française du conseil de l’Union Européenne qui a débuté le 1er juillet et s’achèvera le 31 décembre ne manquera pas d’embûches. Le mandat français qui intervient après le « non » des Irlandais au traité de Lisbonne s’annonce pourtant difficile.

La France aura fort à faire pour convaincre ses partenaires (les 27 pays de l’Union Européenne) des réformes qu’elle entend mener. Et parmi ces réformes, deux auront des impacts directs sur l’Afrique et le Mali : le pacte d’immigration et la politique agricole commune (PAC).

Selon l’ambassadeur Michel Reveyrand-de Menthon, la France s’inscrit dans la dynamique d’une immigration légale et concertée. La présidence française proposera à ses partenaires de s’engager sur des principes communs dans le cadre du « pacte européen sur l’immigration et l’asile » qui sera soumis à l’approbation des chefs d’Etat et de gouvernement lors du conseil européen d’octobre.

Il s’agit d’instaurer une politique commune de visas et du droit d’asile. La France sarkozienne va-t-elle entraîner les autres pays de l’Union européenne à durcir les conditions d’accueil des étrangers ? La question taraude les esprits.

La politique agricole commune (PAC) accorde un certain nombre de subventions pour soutenir les agriculteurs européens. Les cotonculteurs de la Grèce et de l’Espagne, bien que minoritaires, bénéficient de ces subventions et concurrencent leurs homologues africains qui n’en bénéficient pas de la part de leurs Etats.

Mais pour le chef de la délégation de l’Union Européenne, Giacomo Durazzo, l’impact de ces subventions est assez minime pour produire des effets sur le marché international. La production européenne de coton est assez insignifiante.

Au-delà de ces aspects, la coopération entre l’Union
européenne et les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) s’inscrit dans un partenariat dynamique vieux de 50 ans. L’aide publique au développement (APD) prévue par l’UE pour la période 2008-2011 s’élève à 1,324 milliards d’euros.


F. Traore

10 Juillet 2008