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Depuis plus d’un mois, l’Union des caisses mutuelles d’épargne et de crédit “Jemeni” traverse une crise financière sans précédent qui rend aujourd’hui impossible tout retrait auprès des caisses, tant à l’intérieur du pays que dans le District de Bamako. Si bien que l’image de la micro-finance malienne en général est en passe de ternir ; et la méfiance commence à s’installer au sein des populations.

Soulignons que la micro-finance est composée des caisses d’épargne et de crédit. Elle offre des services financiers de proximité à des couches défavorisées, marginalisées et ou exclues du système de financement classique. Grâce à leurs résultats appréciables en milieux urbain et rural, ces institutions de micro-finance sont devenues des acteurs incontournables de l’environnement économique et financier du pays. Ainsi, la micro-finance s’impose comme un des outils appropriés de lutte contre la pauvreté.

Mais la crise financière qui prévaut au sein de “Jemeni” (une institution financière qui avait pourtant fait ses preuves), vient de s’inscrire au tableau sombre des caisses d’épargne et de crédit qui ont failli à leurs missions ou ont tout simplement arnaqué les populations. Aussi, en plus de causer des préjudices aux usagers des caisses “Jemeni”, cette crise suscite bien des interrogations.

Y a-t-il eu détournement ou mauvaise gestion des fonds de l’Union qui aurait favorisé l’installation de cette crise? Les partenaires financiers ont-il plié bagages pour d’autres cieux ? L’Union est-elle en passe d’arnaquer ses clients ?

Autant de questions qui méritent d’être posées quand on sait que depuis le début de la crise, la Direction Générale de l’Union des caisses mutuelles d’épargne et de crédit “Jemeni” n’a rien entrepris pour informer ses clients de se qui s’y passe exactement. C’est effectivement à cause de ce silence que certains clients doutent de la bonne foie de l’Union.

Est-ce ce silence de la Direction Générale qui exposerait des caissiers et caissières de l’Union à des agressions verbales et souvent physiques? En tout cas, de tels actes ont eu lieu à la caisse “Jemeni“ de Sébénikoro où la caissière, après avoir subi toutes sortes d’injures, a reçu… un jet de carnet à la figure.

C’est dire combien l’exaspération est aujourd’hui grande chez bien des clients de l’Union. Si bien que certains clients de “Jemeni”, qui avaient jusque-là pris leur mal en patience, envisagent aujourd’hui la création d’un collectif qui usera de tous les moyens légaux afin que les clients arnaqués soient remis dans leurs droits.

C’est dire que pour l’Association Professionnelle des Institutions de Micro-Finance au Mali (APIM-Mali) en général, et pour la caisse “Jemeni” en particulier, un immense défi reste à relever, surtout quand on sait que l’une et l’autre se sont données pour mission d’assurer la défense, le développement et la pérennité du secteur, à travers les domaines de représentation et de coordination de leurs activités.


Moussa TOURE

04 Mai 2009