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La place d’armes de Sévaré (Mopti) abrite, du 20 au 24 août 2008, un atelier de formation et de sensibilisation des Forces armées et de sécurité des différentes garnisons et régions militaires sur les droits humains et les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de la femme et de l’enfant.

Protéger et respecter les droits des femmes et des enfants pendant les conflits ! C’est là une règle de combat et aussi l’ambition d’un atelier qui s’est ouvert le mercredi 20 août 2008 à la place d’armes de Sévaré. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le gouverneur de la région de Mopti en présence des autorités politiques et administratives, de la hiérarchie militaire et du représentant de l’Unicef.

Il s’agit surtout d’informer et de sensibiliser les forces armées et de sécurité sur les droits humains et les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de la femme et de l’enfant.

Une nécessité absolue car, comme l’a si pertinemment souligné le commandant de la place d’armes de Sévaré, les conflits armés se sont multipliés et diversifiés en Afrique, dans notre sous-région notamment. Et cela avec son lot de victimes, singulièrement parmi les femmes et les enfants. Ce constat donne à cet atelier toute son opportunité et son importance.

Pendant cinq jours, les militaires et les agents des forces de sécurité vont se familiariser avec la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Charte africaine des droits et du bien-être des enfants, qui sont au nombre des textes les plus importants en matière de protection des droits de l’enfant.

Ce qui répond à la volonté de l’Unicef de mettre en relief le fait « qu’il est essentiel pour chacun des acteurs de la promotion des droits humains d’aboutir à une reconnaissance totale et à une application effective de ces textes en tant que parties intégrantes des droits humains ». Ainsi, comme l’a souligné Ismaël Maïga de l’Unicef, « des efforts supplémentaires doivent être fournis par tous les acteurs pour faire progresser la cause des enfants et des femmes à travers le monde partout où ils vivent ».

Cela est d’autant important que malgré les efforts accomplis dans certains domaines, il y a encore des insuffisances dans l’application des textes de loi et l’apparition de nouveaux types de violences comme la pédophilie, la traite transfrontalière des enfants, la prolifération des vidéo clubs qui diffusent des images nocives pour les jeunes.

Ce qui fait que d’innombrables enfants sont victimes de violences, d’exploitation, séparés de leur famille par des conflits et par des guerres. Ils sont encore nombreux ceux qui ne sont jamais écoutés ou qui sont mariés précocement sans leur consentement.

Et une récente étude portant sur les jeunes et VIH/Sida, adresse des recommandations très pertinentes aux forces armées par rapport à la question de la consommation de drogues et au harcèlement sexuel. « Détenteurs de devoirs », le mandat des Forces armées est bel et bien celui de premiers acteurs du respect des règles éthiques et déontologiques strictes des éléments qui les composent.

« Les problématiques du travail des enfants, la violence faite aux enfants, la traite des enfants et l’administration de la justice pour mineurs demeurent toutes aussi des préoccupations liées aux droits de l’enfant au Mali », a souligné M. Maïga, administrateur du programme communication du bureau Unicef au Mali.

Toutefois, en dépit de ces insuffisances, les efforts enregistrés au plan économique, politique et institutionnel, de même que l’engagement pris par le gouvernement de lutter contre la pauvreté, sont gages d’une meilleure prise en compte des droits de l’enfant pour la période à venir.

Il faut souligner que, il y a quelques mois, l’état-major général des Armées du Mali et l’Unicef, ont lancé « ce pacte de sensibilisation aux droits humains ». C’était à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme en 2007.

C’est donc à la suite de cette première expérience réussie que la hiérarchie militaire et l’Unicef ont initié une série d’ateliers de formation et de sensibilisation des Forces armées et de sécurité des différentes garnisons et régions militaires sur les droits humains et les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de la femme et de l’enfant.


Alphaly

22 Aout 2008