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3-5.jpgNadongui est de ce groupe de filles qui n’hésitent pas un instant à offrir le plus « précieux de leur corps » pour un rien. Nadongui, une résidente de Ouagadougou, avec son niveau d’étude « Terminale A », vit chez son cousin dans un des non-lotis de la ville.

N’ayant pas réussi au BAC, elle est restée à Ouagadougou pour tenter sa chance dans les concours qu’organise la Fonction publique. Chaque jour que Dieu fait, chez Nadongui, on mange une fois « repas du soir » et ce repas-là n’a de repas que son seul nom. Nadongui, au lieu de se battre bec et ongles pour se sortir de cette situation, se tint plutôt ce langage : pourquoi ne céderais-je pas aux avances que me font certains garçons dans le quartier ?

Ainsi, elle se lança dans une vie de débauche à telle enseigne que les voisins finirent par la remarquer dans ses va-et-vient remorquée par tel ou tel monsieur. Avec ce rythme de vie, elle réussit à s’acheter une moto « JC » et un portable grâce auxquels elle arrangeait ses rendez-vous à tout moment.

Un jour, Nadongui tomba sur M. Kabagni, un monsieur « gros calibre » comme ces genres de filles aiment appeler les hommes nantis. Ce monsieur était l’occasion rêvée pour notre demoiselle de sortir totalement de sa pauvreté, à elle seulement de suivre à la lettre ce que le monsieur lui dirait. Or monsieur Kabagni est un homme qui n’a pas de fonction connue ; il n’a jamais dit à Nadongui qui il était, qu’est-ce qu’il faisait dans la vie. Seulement, il donne de « gros sous » à notre demoiselle. Il en donnait tant que Nadongui non seulement ne pensait plus aux concours de la Fonction publique, mais ne songeait plus à se protéger en ayant des rapports sexuels avec son monsieur. Etait-il en bonne santé ? Pourquoi lui non plus n’a jamais parlé de protection ? Nadongui ne s’est jamais posée cette question. Monsieur Kabagni, ayant réussi à avoir la confiance de Nadongui, lui proposa de louer une maison pour elle afin qu’ils puissent se retrouver tranquillement seuls.

une-21.jpgAinsi dit, ainsi fait! Elle créa une situation tendue avec sa belle sœur « la femme de son cousin » pour s’échapper de la famille. Elle est à présent libre dans une maison où elle est la maîtresse des lieux. Son monsieur ne vient que les nuits pour passer son temps avec elle. Puisque Nadongui ne sait toujours pas ce que fait son homme, elle ne connaît aucun parent du monsieur et elle ne s’en est jamais inquiétée non plus ; elle vit tranquillement sa vie en s’éloignant aussi de la famille de son cousin dans le non-loti.

Dans cette vie paisible, brusquement, monsieur Kabagni fit deux, trois jours et même une semaine sans donner signe de vie. Nadongui commença alors à s’inquiéter et à se poser mille et une questions sur ce qui lui arrivait.

Que faire ?

Elle ne connaît aucun parent du monsieur pour prendre des renseignements. C’est en ce moment qu’elle va chercher son cousin pour lui demander de l’aider à chercher son homme qui ne donne plus signe de vie. Son cousin, n’ayant plus envie que Nadongui vienne vivre chez lui de nouveau, lui conseilla de rentrer au village. Or monsieur Kabagni en disparaissant a laissé Nadongui avec une grossesse de 2 mois et en plus le monsieur était séropositif. Enceinte et contaminée par le VIH, Nadongui n’a maintenant que ses yeux pour pleurer. Que deviendra-t-elle ?

C’est bien vrai que la vie est très dure au Burkina Faso, mais chers frères et sœurs, gardons les pieds sur terre car toute personne a sa chance dans la vie. La partie précieuse de la femme n’est pas forcément le meilleur moyen pour se sortir de la galère.

T. NAMARO / hebdo.bf

04 juin 2008