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« Corps 1 », « os mélangés »… Une à une, les caisses de bois clair aux inscriptions macabres sont descendues d’un camion de l’ONU, devant la foule médusée. A Boali, à une centaine de kilomètres de la capitale centrafricaine Bangui, les restes de 13 femmes et hommes, victimes d’un massacre présumé par des soldats de la paix congolais, vont être rendus à leur famille, alors que justice n’a encore jamais été rendue. « Ca nous va droit au coeur », souffle à l’AFP Robert Konomo, 60 ans, les traits tirés. Vêtu de son plus beau boubou pour la cérémonie, Robert a perdu ses deux jeunes frères dans ce qui pourrait être « la plus grosse bavure de soldats de la paix en Afrique », selon des experts étrangers présents sur place. C’était en mars 2014. Une dizaine de personnes sont portées disparues dans les environs de Boali après une altercation entre milices anti-balaka et soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca, remplacée depuis par une force de l’ONU, la Minusca). L’ONG Human Rights Watch (HRW) pointe à l’époque du doigt le contingent congolais de la Misca, l’accusant de « représailles », au lendemain de la mort de l’un des leurs, tué par des anti-balaka. « Les soldats de la paix sont là pour protéger la population civile, pas pour lui faire subir de nouvelles exactions », déclare à l’époque Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences de HRW dans un communiqué.AFP