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On commence à en apprendre beaucoup plus sur le dossier des otages français capturés depuis septembre 2010 par AQMI au nord du Niger et libérés il y a seulement deux jours. De sources concordantes, un montant variant entre 20 et 25 millions d’euros a été versé pour la libération des détenus. Qui a versé ce montant ? Comment a-t-il été versé ? Qui en sont les négociateurs ? Autant de questions qui restent en suspens malgré quelques pistes de réponse.

D‘ores et déjà, on sait que les otages, Pierre Legrand, Marc Feret, Daniel Larib et Therry Dole, qui travaillaient sur le site d’exploitation minière d’Arlit pour le compte du groupe nucléaire public AREVA et son sous-traitant Satom, depuis leur enlèvement n’ont jamais quitté le Mali. D’ailleurs, l’opération d’extraction des otages a eu lieu dans la région d’Anefis au sud-ouest de Kidal.

On sait aussi que cette nébuleuse a remis les otages à Iyad Ghali, un chef rebelle touareg islamiste qui reste introuvable depuis le déclenchement de l’opération Serval. Celui-ci aurait participé activement aux négociations qui ont été menées dans la plus grande discrétion par le Nigérien Mohamed Akotey qui préside le Conseil d’administration d’Imouraren S.A, une filiale locale du groupe nucléaire français Areva. Jusque-là, la France affirmait qu’elle ne paierait aucune rançon aux ravisseurs d’otages. Des propos qui ont été confirmés par le président nigérien qui a indiqué qu’il n’y a eu« ni rançon» «ni assaut ».

Seulement, de sources dignes de foi ont corroboré le paiement d’un montant soit par la France par le biais d’intermédiaires soit par l’entreprise AREVA, elle-même. Car il est de notoriété publique, qu’AQMI n’est pas une organisation caritative et qu’en aucun cas elle ne libérera des otages par gaité de cœur.

Rappelons que l’épouse de l’un des otages en l’occurrence Françoise Larribe a été libérée en février 2011 en compagnie d’un Togolais et d’un Malgache moyennant le versement d’un montant de 13 millions d’euros. Il semble que dans le dossier des otages, un mot provoque le courroux des Occidentaux, c’est la » rançon « . D’où le recours à d’autres appellations comme « compensation « . Les autorités maliennes également malgré leur discrétion ont joué un grand rôle dans ce dénouement heureux.

Cette libération nous révèle qu’il y a des zones au nord du Mali qui n’ont toujours pas été nettoyées. Reste à savoir si AQMI qui était affaibli par l’opération militaire franco-africaine au nord du Mali ne va pas profiter de cette manne pour se réarmer et s’organiser davantage.

Maciré DIOP

31 Octobre 2013