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Les Égyptiens ont commencé à voter lundi pour une élection présidentielle que l’homme fort du pays et ancien chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, pourfendeur des islamistes, est assuré de remporter dans un pays réclamant avant tout un retour au calme. Pour une majorité d’Égyptiens, il est l’homme à poigne qui ramènera la stabilité après les trois années de « chaos » et de crise économique ayant suivi la révolte populaire de 2011 contre Hosni Moubarak. Mais pour ses détracteurs, l’armée confirmera avec son élection qu’elle a repris en main le pays après avoir laissé M. Morsi et les islamistes se brûler les ailes pendant un an d’exercice éphémère du pouvoir. Le gouvernement intérimaire est déjà considéré par les défenseurs des droits de l’Homme comme plus autoritaire que celui de M. Moubarak. Il faut dire que son unique rival, le leader de la gauche Hamdeen Sabbahi, fait bien pâle figure malgré une campagne très active sur le terrain, et n’est guère en mesure d’empocher un nombre significatif de voix, selon les experts et diplomates unanimes. Certains le considèrent comme un faire-valoir, au mieux résigné, au pire consentant, pour une élection jouée d’avance. En deux jours de scrutin lundi et mardi, 53 millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Cette présidentielle devrait être suivie de législatives, probablement vers l’automne. AFP.