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Une opération militaire menée dans la nuit de mercredi à jeudi 14 novembre dans le désert malien a permis de neutraliser des combattants d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a indiqué, jeudi 14 novembre, sur Europe 1 l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées (CEMA), ajoutant que les opérations militaires « ne sont pas encore terminées ».

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Le chef d’état-major des armées a indiqué que « cette nuit même, à 2 h 30 du matin, nous avons une opération spéciale contre un pick-up dans le désert, à peu près à 200-250 kilomètres à l’ouest de Tessalit, donc en plein milieu du désert, où nous avons neutralisé un certain nombre de gens d’Al-Qaida ». L’opération, a relevé l’officier général, « continue et maintenant nous récupérons le matériel, qui va ‘parler’, d’une certaine façon ».

L’amiral Guillaud a indiqué la manière dont les forces française combattent encore au Mali. « Nous agissons de deux façons, soit sur de grosses opérations comme, il y a quinze jours, Hydre, où nous sommes en chasse », soit sur « réaction sur des tas de renseignements, dont beaucoup viennent de la population », a-t-il dit.

Au Mali, « ce n’est pas fini », même si « le niveau de violence a énormément baissé » et si, depuis l’intervention française en janvier, « en huit mois, nous avons fait des avancées phénoménales », a-t-il relevé. « Nous travaillons aussi bien avec les pays voisins, Niger, Burkina Faso, éventuellement Tchad et nous coopérons aussi avec l’Algérie » de façon qu’il « n’y ait pas de sanctuaire », selon lui.

Interrogé sur l’assassinat, près de Kidal, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes de RFI, il a renvoyé à la conférence de presse, mercredi, du procureur chargé de l’enquête et a relevé que « tout pointe vers Al-Qaida ». « Nous fournissons tout le soutien nécessaire » aux enquêteurs sur place et « nous ferons tout pour exploiter tous les renseignements, d’un point de vue militaire, pour arrêter les auteurs dès qu’ils seront localisés », a-t-il promis.

L’amiral a par ailleurs démenti des accusations de brutalité formulées la veille contre l’armée française par un chef rebelle touareg, Moussa Ag Acharatoumane dans un entretien au Monde. « Ce n’est pas la façon dont travaillent les militaires français depuis largement plus d’un demi-siècle maintenant », a plaidé Edouard Guillaud, en réponse aux accusations de « méthodes vexatoires et punitives » de l’armée française enquêtant sur le meurtre de deux journalistes de RFI près de Kidal, le 2 novembre. « Tout excès serait évidemment sanctionné, immédiatement », a-t-il ajouté.

« SOUPÇONS TRÈS PRÉCIS » SUR UN MEMBRE D’AQMI

L’homme soupçonné d’avoir planifié le rapt des deux journalistes français de RFI est un trafiquant de drogue touareg lié à AQMI, a indiqué mercredi le procureur de la République de Paris, François Molins. Le procureur a évoqué « des soupçons très précis » pesant sur cet homme, Bayes Ag Bakabo. « On sait que c’est un membre d’AQMI, qu’il fait aussi du trafic de stupéfiants. Il a été vu circulant au volant du pick-up qui a servi à enlever les deux journalistes et il a été vu en train d’acheter 140 litres d’essence la veille ou l’avant-veille de l’enlèvement », a-t-il énuméré, lors d’un point de presse sur l’enquête au parquet de Paris. Bayes Ag Bakabo « fait l’objet d’intenses recherches », a ajouté M. Molins.

Sa présence parmi les quatre ravisseurs de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ayant pris part à l’enlèvement à Kidal est « l’hypothèse privilégiée », a-t-il ajouté, confirmant qu’Abdelkrim Targui, qui dirige une katiba (unité combattante) d’AQMI pourrait être le commanditaire du rapt et des assassinats survenus le 2 novembre.

Le Monde.fr avec AFP | 14.11.2013 à 10h45 • Mis à jour le 14.11.2013 à 11h35