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« Liberté d’expression, accès et autonomisation des individus« . À Bamako, l’événement a été surtout marqué par la pose de la première pierre de la nouvelle Maison de la presse par le président de la République Amadou Toumani Touré.

C’était en présence du Premier ministre, Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, des représentant du corps diplomatique et de plusieurs patrons de presse.
Premier à prendre la parole, le président de la Maison de la presse Makan Koné a relevé que c’est la première fois qu’un des piliers les plus importants de la démocratie, après s’être sentie comme abandonnée pendant de longues années, voit la nation lui accorder une attention à la hauteur de son rôle.

La construction d’une nouvelle Maison de la presse répond à une promesse faite par le président Amadou Toumani Touré lors de la campagne électorale il y a une année. « À nous désormais de prouver que nous méritons amplement ce geste fort remarquable de votre part et de la part de toute la nation », a souligné Makan Koné en appelant ses confrères à un sursaut, à un engagement plus fort, à une prise de conscience, pour changer l’état de la presse au Mali dans le seul but de lui donner bonne presse.

Lieu de rencontre et de travail :

L’infrastructure sera construit dans un style sahélo-soudanien épousant parfaitement l’environnement architectural symbole d’un autre temps, a commenté la ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo.

La nouvelle Maison de la presse constituera un lieu de convergence conviviale pour tous les acteurs du monde de la communication et offrira aussi à ces derniers l’opportunité de mieux faire leur métier pour répondre ainsi aux exigences du public.

Elle sera bâtie sur une superficie de 2176 m2 et comportera un espace administratif et un lieu de travail rédactionnel qui intégrera les cyberespaces équipés pour le traitement de texte, le montage des maquettes et des émissions radios et la recherche de documents sur Internet, et une bibliothèque.

À travers les facilités qu’elle offrira, la nouvelle Maison de la presse a pour ambition d’être un lieu de rencontre et de travail pour les journalistes maliens et étrangers, un lieu de perfectionnement professionnel et un espace médiatique d’annonce d’événements et de débats pour tous les acteurs de la vie publique.

Aussi bien par sa superficie que par son emplacement, le site choisi qui se situe au cœur de la capitale, répond parfaitement aux ambitions que les plus hautes autorités nourrissent pour la presse, a indiqué Mme Diarra Mariam Flantié Diallo.

La position centrale de la nouvelle Maison facilite le déplacement pour les journalistes et convient à l’organisation des grands événements à forte résonance médiatique qui se situent actuellement à plus de 90 % sur la rive gauche. Le coût de l’infrastructure s’élève à 300 millions de Fcfa.

Le département en charge de la communication et des nouvelles technologies envisage, cette année, l’ouverture d’une école de journalisme et de communication à Bamako, l’organisation des journées de relecture des textes régissant les médias et une nuit de la communication pour célébrer les femmes et les hommes du monde des médias public et privé.

Le développement des médias, avec une cinquantaine de titres de journaux de toutes périodicités et des centaines de radios, constitue un bon point pour la démocratie malienne, a souligné Amadou Toumani Touré, estimant que force est de reconnaître que le temps est venu pour les médias d’évaluer leur parcours et de procéder, au besoin, à une nécessaire remise en cause.

Et le chef de l’État d’ajouter que la finalité d’un journal ne saurait se résumer à sa seule présence dans les kiosques et celle d’une radio au seul fait d’émettre sur les ondes. « Et si nous nous accordons sur le fait que les médias ont vocation à être un maillon important du débat démocratique, un témoin de la vie économique, sociale et culturelle de notre pays, il est indispensable que nous réfléchissions sur notre presse tout autant que cette dernière le fait sur la vie de notre pays », a fait remarquer le président Touré.


Trois defis à relever:

La création d’un journal ou d’une radio doit être le début d’un engagement à respecter un cahier des charges, un code d’éthique et de déontologique car un journal ou une radio ne peut pas réduire sa mission à prêter ses colonnes ou ses ondes à porter atteinte à l’honneur et à la dignité des citoyens. Le chef de l’État est convaincu que la liberté d’expression est la sève nourricière de la démocratie.

Mais, poursuivra-t-il, cette liberté d’expression a la redoutable exigence de s’exercer dans le respect de nos valeurs de civilisation que sont le respect, la politesse et la démocratie.

Ces constats ont amené Amadou Toumani Touré à évoquer la nécessité d’une régulation forte, juste et ferme qui ne fonctionne pas par intermittence. Le Comité national de l’égal accès aux médias d’État ne se signale qu’en période électorale et le Conseil supérieur de la communication ne se manifeste que rarement. S’agit-il d’un dysfonctionnement lié aux textes ? Le président de la République attend de la Commission de réflexion sur la consolidation de notre démocratie, présidée par Daba Diawara, des éléments de réponse à cette question.

Une régulation forte, juste et ferme est une régulation qui encourage les bonnes pratiques professionnelles et sanctionne les fautes. Elle contribue ainsi à favoriser la professionnalisation des médias. Le statut de l’entreprise de presse doit aussi retenir l’attention des plus hautes autorités.

À ce égard, nos médias ont trois défis à relever. Le premier consiste à mettre en place des structures économiquement viables qui garantissent un minimum au plan salarial et de couverture sociale à ceux qui y travaillent. La précarité dans laquelle certains journalistes et autres animateurs de radio se débattent constitue un terreau propice aux dérapages et aux violations de l’éthique et de la déontologie.

Le second défi renvoie à la qualité et au profil des personnels chargés d’animer les médias. Dans une démocratie en construction comme la nôtre, la question des ressources humaines dans les entreprises de presse est cruciale. Le troisième défi à relever est celui de l’élaboration d’une convention collective qui définit les droits et les obligations des hommes et femmes des médias, organise et sécurise leur carrière.

Signalons que la Journée a été aussi marquée par une conférence débat organisée à la Maison de la presse. Nous y reviendrons dans notre prochaine livraison.

Mme Diarra Mariam Flantié Diallo :La formation au centre des priorités

Une nouvelle initiative allant dans ce sens verra le jour dans les mois à venir, a promis le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies.

Dans un message à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, a assuré de sa profonde sympathie les hommes et femmes des médias, où qu’ils se trouvent, pour leur engagement à assurer le droit du public à l’information.

« C’est bien évidemment une lapalissade que de rappeler que l’exercice de leur métier appelle quelquefois à de grands sacrifices qu’ils ont, du reste, toujours assumé avec foi, persuadés qu’ils sont que l’acte d’informer est un acte fondateur.

En ce jour anniversaire, gardons nous d’oublier, cette vérité essentielle : seuls des médias indépendants, libres et pluralistes constituent le pivot véritable de toute bonne gouvernance tant dans nos pays qu’ailleurs », indique le ministre.

Faisant référence aux chiffres fournis par l’UNESCO, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo a noté que 171 journalistes ont trouvé la mort en 2007, victimes innocentes de la folie des hommes. « C’est là une douleur immense pour tous et chacun, un sacrifice à méditer par l’ensemble des démocrates que j’engage à une action volontaire et collective afin de préserver, dans un effort commun, les espaces d’expression », poursuit le ministre.

Cette année, l’UNESCO a placé la célébration sous la double thématique de l’accès à l’information et l’autonomisation des individus. Pour le ministre, chez nous et ailleurs, l’information, au sens large, n’accompagne pas seulement la démocratie : elle est inhérente à la démocratie.

Elle fournit la matière à partir de laquelle les hommes fondent leurs opinions et leurs choix en participant consciemment au processus décisionnel démocratique. Elle permet également la liaison entre l’État et le citoyen et fait des médias un espace où toutes les sensibilités peuvent s’exprimer sur tout ce qui touche à la vie de la communauté.

« Des médias libres et pluriels qui fonctionnent selon les normes de la profession restent des outils indispensables tant aux populations qu’à l’État et participent, de ce fait, fortement à l’approfondissement du processus démocratique participatif », précise Mme Diarra Mariam Flantié Diallo.

Mais l’autonomisation passe aussi par l’appropriation des nouvelles technologies en créant les conditions d’accès des citoyens à la maîtrise de ces outils nouveaux et en développant l’éducation aux médias.

« Notre paysage médiatique continue à faire figure de référentiel dans notre sous-région par la diversité de ses titres, leur vigueur et parfois même leur pugnacité. Ce formidable potentiel s’est consolidé et fortifié grâce à un environnement politique favorable », constate le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies.

Aussi, il nous appartient de tout mettre en œuvre pour aider nos médias à renforcer leurs capacités professionnelles. C’est à cette tâche essentielle que s’est engagé le Mali qui, sous la houlette du président de la République a pris une option résolue de contribuer à la viabilité de nos médias en décidant de la construction, en plein centre de Bamako, d’une nouvelle Maison de la presse, espace multithématique et polyvalent de formation et de perfectionnement à tous les métiers du journalisme.

Pour Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, la pose de la première pierre de cet édifice un jour comme le 3 mai est un symbole qui a le mérite de reposer la problématique de la formation au centre du débat. « En effet, que vaut une liberté sans des journalistes et des techniciens bien formés ? », interroge le ministre.

Ce souci, a-t-elle poursuivi est celui de toutes les composantes de l’espace médiatique qui, en de multiples occasions, ont uni leurs efforts pour organiser différents modules en vue d’approfondir la connaissance des genres journalistiques, de faire partager les règles essentielles de la déontologie, tout cela pour étancher la soif d’apprendre des uns, consolider le savoir des autres, perfectionner le savoir-faire de tous et assurer la pérennité de l’ensemble.

Les prochains mois verront l’éclosion d’une initiative sur laquelle le département travaille et qui formalisera cet effort de formation, a annoncé le ministre.
Citant l’écrivain français Chateaubriand qui disait, déjà au XIXè siècle, que « la liberté de la presse est la mère de toutes les libertés », Mme Diarra Mariam Flantié Diallo a appelé à ne jamais se fatiguer de l’exiger et de se battre constamment pour elle, car notre pays a constitué pour beaucoup d’autres un exemple de référence et d’inspiration.

« Nos démocraties sont jeunes tout comme notre presse et celles-ci ont un devoir par rapport à celle-là. Quoiqu’il arrive, elles devront rester à ses côtés, faire corps avec elle ! », a conclu le ministre en souhaitant bon anniversaire à tous les médias.


S. DOUMBIA

05 Mai 2008