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une-93.jpgDans ces milieux, on ne se donne pas de peine pour trouver les “filles de joie”. Le week-end dernier était bien animé avec les festivités de la journée panafricaine, dédiée à la femme africaine. Les Bamakois étaient dans leurs plus beaux habits. Et comme d’habitude, la capitale se retrouvait avec deux visages (diurne, nocturne).

Ils sont nombreux ceux qui ont voulu voir la capitale dans son visage de nuit.

Cette nuit, Salif et ses deux compagnons décidèrent de prendre un pot dans un coin situé à Djicoroni Para.
Après avoir fait le tour des différents bars, ils décident de passer le reste de leur soirée au temple des godets où la bière se conjuguait avec la bagarre.

Salif et ses amis prirent place sous un hangar. Après un premier et un deuxième tour, chacun avait atteint ou même dépassé sa dose normale. Devant leur table, il était impossible de compter le nombre de bouteilles vides. Nos trois mousquetaires décident alors de décharger cette bière sur des filles de joie. Direction est alors prise pour une maison de passe.

Après quelques minutes de négociation, nos trois amis et leur objet de plaisir tombèrent d’accord sur le prix. Chacun avec sa chose se livra à des séances de jambes en l’air. Mais le malheur est qu’aucun d’eux, sous l’effet de l’alcool, n’a pu se satisfaire.

Ils refusèrent alors de payer le service rendu. Les prostituées crièrent au secours et toutes les prostituées du coin sortirent pour exiger que nos trois alcooliques déboursent pour payer ce qu’ils ont consommé. “ Qui vous a dit de boire, ici on paye une fois qu’il y a exercice de jambes “.

Deux jeunes gaillards avec des bras semblables à des troncs de baobab serrèrent les cols de nos trois complices. Après avoir fouillé toutes les poches 4000 FCFA sont trouvés dans l’une d’elles. C’est tout ce qui restait comme argent dans les poches de nos trois larrons. Cet argent fut alors confisqué pour rembourser les prostituées. Mais ce n’était pas suffisant puisque chacun d’eux devait débourser 2 000 FCFA.

La moto de notre ami Salif fut confisquée par les deux gros bras en attendant le remboursement de la somme totale. Après plusieurs tentatives infructueuses pour récupérer leur argent, les trois compères se résolurent à retourner à la maison pour chercher le reste de l’argent.

C’est tôt le matin aux environs de 5h que Amadou est revenu avec le reliquat pour récupérer sa moto. A sa grande surprise il ne trouva personne sur les lieux. Les quelques prostituées qui étaient toujours là s’empressèrent de partir prétendant qu’elles ne sont au courant de rien et qu’aucune moto n’a été confisqué jusqu’au jour d’aujourd’hui on ne sait toujours pas si Amadou a retrouvé sa moto.

Cela lui servira-t-il de leçon?

Gnimadi Destin

12 Aout 2008