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La pyramide sanitaire de notre pays stipule que les centres hospitalo-universitaires (CHU)constituent la troisième référence, c’est-à-dire le dernier niveau de soins après les centres de santé de référence et les centres communautaires. Ils disposent de plus de compétences et sont entrés dans l’ère des technologies de pointe. Malgré les difficultés, force est de constater que ces établissements ont fait de méritoires efforts pour mieux organiser et améliorer les services qu’ils offrent.

A l’hôpital Gabriel Touré et au Point G, diverses initiatives et actions ont été enclenchées pour répondre aux attentes du public. Dans le premier établissement cité, l’un des grands changements réside dans la construction d’un nouveau bloc administratif qui a coûté plus d’un milliard Fcfa.

Avec ce nouvel immeuble, les activités cliniques (consultations, examens et analyses) ont été séparées des activités administratives.

Le service d’accueil des urgences rénové et équipé par la Fondation Thiam et l’État pour plus de 500 millions de Fcfa, dispose d’équipements de qualité. Il peut désormais accueillir toutes les urgences médico-chirurgicales chez les adultes.

Le plateau technique de l’établissement hospitalier s’est vu considérablement renforcer ces dernières années avec notamment le scanner offert la Fondation Orange qui renforce les capacités de diagnostic de l’établissement.

Des cartes de mouvement et d’accompagnement : Par ailleurs, l’hôpital a investi environ 400 millions en 2007 et 450 millions cette année pour acquérir de gros équipements.
Sur le plan de l’organisation, l’hôpital a également fait preuve d’initiative.

Il a ainsi instauré une carte de mouvement destinée aux usagers qui ne peuvent pas respecter les horaires de visite. Cette carte donne accès à l’enceinte de l’hôpital en dehors des heures normales de visite. Elle est délivrée contre le paiement d’une somme forfaitaire et la présentation d’une pièce d’identité.
Il existe également une autre carte dite d’accompagnement.

Le directeur général de l’hôpital, le Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly, explique à ce sujet que seul un accompagnant est désormais admis par malade. Celui-ci est identifiable grâce à cette carte. Ces deux mesures visent à décongestionner l’enceinte de l’hôpital pour ne pas perturber la quiétude des malades.

Les responsables du centre hospitalier ont par ailleurs fait aménager un espace dans la cour où ceux qui accompagnent les malades peuvent se reposer. Nombre d’accompagnants y passent d’ailleurs la nuit. La zone bien aménagée est même équipée d’un poste téléviseur.
Toujours à Gabriel Touré, un nouveau logiciel de gestion a été installé au bureau des entrées.

Il permet de suivre le parcours du patient et d’archiver son dossier médical durant 5 ans. Cela conformément à la loi hospitalière qui fait obligation aux établissements hospitaliers de conserver le dossier médical du malade. En outre des mesures portant restriction des visites aux malades et réglementant l’entrée des véhicules dans l’enceinte de l’établissement, ont été adoptées.

Un nouveau bloc technique est en construction. Le bâtiment qui coûtera 617 millions Fcfa intégrera cinq blocs opératoires, des salles de réveil pour le malade et de stérilisation. Il sera doté d’ascenseur.

Et ce n’est pas tout. Des spécialistes ont été formés dans toutes les disciplines médicales à l’exception de la psychiatrie et des maladies infectieuses. Le directeur de l’hôpital explique que compte tenu de sa situation géographique (en plein cœur de Bamako), il n’est pas conseillé d’y disposer d’un service de psychiatrie.


Evaluation scientifique des services
: En perspectives, il est prévu la rénovation et la modernisation de la pédiatrie, l’installation d’une bibliothèque hospitalière et la construction d’un restaurant hospitalier pour le personnel de garde.

Abdoulaye Nène Coulibaly révèle également qu’une cafetaria y sera aussi construite pour offrir aux praticiens un cadre d’échange avec leurs homologues venus de l’étranger.

Par ailleurs, des évaluations scientifiques des services seront organisées.

L’hôpital du Point G qui constitue avec le Gabriel Touré, les deux plus grands établissements hospitaliers, représente le nec le plus ultra en matière de soins dans notre pays. L’établissement dispose d’un nouveau scanner à 16 barrettes qui serait le plus performant de la sous-région.

Le Pr Siaka Sidibé, chef du service de radiologie et d’imagerie médicale de l’hôpital du Point G, précise que la Côte d’Ivoire avait un scanner à 4 barrettes qui était le plus performant à l’époque. Il faut préciser que la dernière génération de scanner est équipée de 64 barrettes.

Cet équipement de haute technologie permet d’effectuer les examens les plus pointus. Le premier scanner dont s’est doté l’hôpital et qui est aujourd’hui en panne, faisait des coupes sequencées. Le nouveau est super efficace. Il procède aux examens en un laps de temps record et fournit toutes les données que le radiologue exploite ensuite à sa convenance.

Ce scanner qui aurait coûté entre 600 à 800 millions Fcfa fait toutes les coupes coronales. Une première au Mali. Il dispose d’un poste d’acquisition (un ordinateur) qui permet au technicien de faire les examens.

Le médecin récupère les images sur un autre poste de traitement en vue de les interpréter. Siaka Sidibé explique que le diagnostic repose préalablement sur la qualité des ressources humaines. Avec cet équipement, on réalise une centaine d’examens par jour et on arrive à poser beaucoup de bons diagnostics.

Les examens scanographiques coûtent 49 500 Fcfa aux malades extérieurs. Les malades hospitalisés et les agents de santé bénéficient de tarifs réduits.

L’hôpital du Point G a également ouvert un service de médecine nucléaire. Il utilise une technique d’imagerie utilisant des produits radioactifs émettant des rayonnements. Les produits vont se concentrer dans les parties malades ou non malades de l’organisme. Les mêmes produits sont aussi utilisés pour soigner.


Moins d’évacuation sanitaires vers l’étranger
: Ce service qui n’est pas encore opérationnel est conçu pour pouvoir mettre en observation un malade qui aura reçu une dose de produits radioactifs. Une salle de désiométrie ou de mesure de doses radioactives y est incorporée.

Les équipements de la médecine nucléaire sont disponibles et attendent d’être installés par les techniciens de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Celle-ci avait doté l’établissement d’une gama camera, un équipement de la médecine nucléaire.

Le Point G a installé en décembre un système de stérilisation électrique. Ce matériel, aux dimensions impressionnantes, stérilise d’un coup plus de 30 kg de linges et à plus de 130 degrés. Il fonctionne avec une petite station d’épuration d’eau qui élimine les premières impuretés de l’eau utilisée dans la stérilisation.

Ce stérilisateur est programmé à partir d’un ordinateur.
Ces équipements nécessitent une maintenance de qualité.

Le directeur général du Point G, le Dr Charles Fau, note que beaucoup d’efforts sont déployés dans ce sens pour former les techniciens biomédicaux. Un partenariat a été établi avec des hôpitaux français, dont celui d’Angers, pour trouver des stages de formation pour les techniciens en maintenance.

Par ailleurs, Charles Fau explique que l’hôpital disposera bientôt d’un nouveau bâtiment de gynécologie en voie de finition. Ici, on pourra proposer la procréation médicalement assistée ou fécondation in vitro. Charles Fau assure que le matériel est sur place est que le personnel en charge de ce volet a été formé.

Le service de néphrologie se modernise aussi avec des générateurs performants. Au niveau de la dialyse, on envisage avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé d’évoluer vers la transplantation rénale.

Le patron du Point G souligne que tous ces efforts permettront de réduire les évacuations sanitaires vers d’autres pays.
D’autres innovations comme l’extension du réseau informatique, la formation du personnel d’accueil au niveau du bureau des entrées, sont en cours.

B. DOUMBIA

05 Juin 2008