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La célèbre militante de la cause des femmes au Soudan Wini Omer affirme vouloir poursuivre son combat, malgré de nouveaux déboires avec la justice destinés, selon elle, à la réduire au silence. Accusée de prostitution, Wini Omer est jugée depuis le 24 juillet pour atteinte à l’ordre public. Son seul tort: la police l’a surprise en février avec des amis –deux hommes et une femme– dans un appartement de la banlieue de Khartoum. « Nous avons essayé de leur expliquer qu’il s’agissait (…) d’une rencontre ordinaire », rnous a raconté la journaliste de 30 ans.Elle passera toutefois cinq jours en détention. En marge de son procès pour atteinte à l’ordre public, les enquêteurs l’ont informée que des allégations d’espionnage la concernant étaient à l’étude, même si elle n’a jusqu’ici pas été inculpée, affirme-t-elle.Ces derniers mois, la militante s’est engagée au côté de Noura Hussein, une adolescente mariée de force et condamnée à mort en première instance pour avoir tué son époux qu’elle accusait de viol.Le verdict, qui a provoqué un tollé international, a récemment été commué par une Cour d’appel en une peine de cinq ans de prison. Malgré les obstacles, Mme Omer se veut optimiste et assure que sur les réseaux sociaux, le débat est lancé: « on se demande de plus en plus si les femmes ont le droit de s’habiller comme elles veulent ou d’épouser la personne de leur choix ». « Le changement se fait quand vous luttez pour vos droits (…) Nous devons poursuivre la lutte pour nos droits personnels ». AFP.