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Deux garçons de sept ans, la peau et les vêtements blanchis par la poussière, remplissent des gobelets de petits cailloux. L’un d’entre eux se lève, marteau à la main, et s’attaque à un tas de pierres aussi grand que lui. Son enfance, il la passe à casser du granit dans une carrière à ciel ouvert de Ouagadougou. Le cas de ces petits mineurs n’est pas une exception au Burkina Faso. Orpailleurs, vendeurs ambulants, travailleurs dans les champs de coton… Selon l’Enquête nationale sur le travail des enfants (ENTE, 2006), environ 60% des jeunes de 5 à 17 ans exercent une activité économique dans ce pays sahélien d’environ 19 millions d’habitants, où près de la moitié de la population vit avec un euro par jour. « On vient à deux sur le vélo. Ça dure plus d’une heure », explique Amy. Au bout du trajet, huit heures de travail par jour, six jours sur sept. Dès l’aube, un millier de personnes s’enfoncent dans le cratère aux bas fonds sinueux et glissants, chaussées pour la plupart de tongs ou de sandales. Ils remontent avec sur la tête un plateau chargé de morceaux de granit, qu’ils revendent 300 Francs CFA (45 centimes d’euro) l’unité. Tous travaillent à leur compte et gagnent en moyenne un à deux euros par jour. Sorti de la carrière, ce granit sert à construire des bâtiments, des maisons, des routes.Mais faute de financement, ce projet sur cinq ans, évalué à environ 26 milliards de Francs CFA (40 millions d’euros) et adopté en Conseil des ministres en septembre, est toujours au point mort. AFP