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Des parlementaires d’une dizaine de pays, notamment d’Afrique, ont appelé le 26 avril dernier, à Alger à élaborer une “stratégie comportant des démarches pragmatiques” de soutien au peuple sahraoui, pour “aller au-delà des déclarations de principe”.

II faut parvenir à élaborer des propositions très concrètes pour élever la voix de ceux qui soutiennent le peuple sahraoui dans sa lutte et la faire entendre au monde”, a déclaré Mme Dhlamini Bathabile, présidente de la Ligue des femmes du parti de l’ANC d’Afrique du Sud.

M. Bathabile s’exprimait à un colloque parlementaire international sur l' »autodétermination des peuples, vecteur de paix et de développement”, organisé au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN).

« Les idées ont fusé à ce colloque pour établir un plan d’action susceptible de “faire bouger les choses” face à l’impasse dans laquelle se trouve la question sahraouie, qui a monopolisé les débats.

Nous devons trouver ce qu’il convient de faire pour amener le Maroc à négocier vraiment”, a dit la représentante de l’ANC, en allusion au blocage du processus de négociations, entamé en juin dernier entre Rabat et le Front Polisario, sous l’égide de l’Onu.

Le Sahara occidental est une “plaie qui saigne depuis trop longtemps. Cela fait trente-trois ans que nous faisons des discours, des déclarations et des négociations”, a déclaré de son côté M. Mike Isaiah Mulongoti, parlementaire du parti MND au pouvoir en Zambie.
Nos frères sahraouis souffrent.

Nous voulons des décisions pratiques, pragmatiques pour aboutir à un résultat. Les déclarations seules n’amèneront pas l’indépendance”, a estimé M. Mulongoti, également ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement de son pays, mais qui s’exprimait en qualité de parlementaire.

II faut faire en sorte que la question sahraouie revienne au centre de la scène internationale, comme dans les années 1970”, a plaidé pour sa part M. Mohamed Bazoum, 3e vice-président du Parlement du Niger.

Il a relevé que l’Onu “doit évidemment restée l’instance en charge du règlement du conflit au Sahara occidental, mais nous devons faire en sorte que la question ne s’enlise pas, car certains parient sur le temps pour faire avorter le processus de décolonisation” dans ce territoire, a-t-il mis en garde.

L’incapacité de l’Onu à régler le problème de la dernière colonie en Afrique est une “preuve de la nécessité de modifier son fonctionnement”, a observé le président de la Coordination des intergroupes parlementaires espagnols de soutien au peuple sahraoui, le sénateur Juan Andresperello.

Son confrère du Mozambique, M. Carlos Jorge Siliya, a aussi insisté sur la nécessité d’élaborer une “stratégie qui nous fasse passer à l’étape suivante”. Il a proposé dans ce cadre de “faire en sorte que les pays africains incitent l’Onu à jouer son rôle et assumer ses responsabilités”.

C’est vrai que nous devons passer au-delà des déclarations, mais il nous faut pas sous-estimer l’importance des débats, des réunions et des colloques dans le processus de libération d’un peuple. L’histoire le prouve”, a tempéré le député malien et ancien ministre de la Justice, Me Amidou Diabate.

La question du droit, de la légalité de la lutte du peuple sahraoui est tranchée et il y a unanimité là-dessus. Ce sont les intérêts de certains pays dans la région qui font que ces derniers agissent sur le dossier sahraoui contre la légalité internationale”, a-t-il encore ajouté.

En tant que parlementaires et intellectuels, nous devons faire agir au sein des opinons publiques pour pousser justement ces pays-là à ne pas agir contre l’autodétermination du peuple sahraoui”, a préconisé Me Diabate.

Le parlementaire malien a également proposé d’inclure, dans le plan d’action qui doit couronner la réunion d’Alger, l’idée de “proposer à tous les Etats solidaires avec le peuple sahraoui d’inviter des émissaires sahraouis qui viendraient expliquer à l’opinion publique leur cause et les objectifs de leur lutte”.

Il a aussi émis l’idée de créer une confédération des groupes parlementaires africains solidaires de la cause sahraouie, à l’instar de celles qui existent déjà en Europe et en Amérique Latine.

Représentant les “Amis de la RASD” (République arabe sahraouie démocratique) en France, Mme Régine Villemont s’est félicité du “récent accroissement du nombre de parlementaires français favorables au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination”.


Republicain

15 Mai 2008