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Si la simple vue d’un policier faisait peur aux citoyens, tel n’est plus le cas aujourd’hui: preuve que les Maliens ont désormais compris que les agents chargés de leur protection ne sont pas leurs ennemis.

Ce qui est tout à l’honneur de la police nationale, car elle aura elle aussi compris que l’image d’horreur qu’elle s’était faite n’était pas de nature à faciliter ses relations avec les citoyens. Mais s’il y a un fait qui embarrasse plus les citoyens maliens, c’est l’image de traqueurs, voire d’arnaqueurs que bien des policiers de la circulation routière se sont forgés depuis.

Les véhicules de transport en commun sont quotidiennes soumis à des contrôles, pour ne pas dire au paiement de 1000FCFA, voire plus pour certaines infractions. La colère vient du fait que les infractions et manquements techniques reprochés auxdits véhicules ne sont jamais réparés.

L’incivisme des chauffeurs et propriétaires de véhicules vient du fait qu’ils préfèrent abouler les 1000 ou 200QFCFA « réglementaires » aux policiers plutôt que de se mettre en règle.

A cela s’ajoute donc ce deal secret entre « contrevenante » et « taxeurs« , ce qui retombe toujours sur le dos des premiers: les usagers de la route, puisqu’en cas de pépins, ce sont ces derniers qui ramassent les pots cassés. Et pour cause : que l’œuf tombe sur la pierre ou que ce soit l’inverse, c’est toujours l’œuf qui écope.

C’est dire aussi que ces spectacles qui s’offrent au quotidien entre policiers et chauffeurs de véhicules de transport en commun ont de beaux jours devant eux. En effet, des agents mêmes révèlent que certains policiers se font la guerre pour pouvoir être détachés à la circulation routière, là où ils peuvent « boire« , « manger » et à la descente, se remplir les poches… de liasses et de pièces.

Et, dit-on, ce n’est pas n’importe quel agent qui peut aujourd’hui être détaché à la circulation, car il faut casquer gros pour bénéficier des faveurs des responsables chargés de l’affectation. Et dire que sous d’autres deux, les policiers fuient la circulation routière comme la peste !…

Dans ces pays où tous les véhicules, sinon la quasi-totalité des véhicules, sont en règle, un policier n’est renvoyé à la circulation routière que si ses supérieurs veulent le punir.

Le Mali est loin d’être ces pays, seront tentés de rétorquer certains. Ce qui est si vrai que sous nos deux, c’est la preuve que le civisme est en danger. Sinon, comment comprendre et cautionner que pour 1000 ou 2000FCFa, des policiers chargés de la circulation routière laissent circuler des véhicules « hors norme« .

Comment comprendre que des chauffeurs et propriétaires de véhicule se complaisent dans l’irrégularité ? Et que dire plus lorsqu’on soutient que ces tombeaux roulants, pardon, ces véhicules sont, pour l’essentiel, des propriétés de « grosses pointures » de la police, de la gendarmerie, de l’armée, ou de hauts cadres de l’Administration?…

Le pire, c’est que ces « saigneurs » n’ont pas l’amabilité de payer des salaires acceptables à leurs chauffeurs. D’où l’une des causes essentielles des accidents de circulation, impliquant les véhicules de transport en commun.

Après tout, quel est ce chauffeur assez fou pour quitter son « employeur » au motif que le véhicule n’est pas règle, ou que son salaire est insignifiant ?
Autant aller délibérément au chômage…technique !

Ainsi va donc le laisser-aller des tracasseries policières.

Adama S. DIALLO

06 Décembre 2007.