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La réussite de sa campagne agricole sera déterminante dans le succès de l’Initiative riz. Une mission de supervision et de suivi de l’Initiative riz conduite par le président directeur général de l’Office vient, dans ce cadre, de sillonner les six zones placées sous sa tutelle dans les cercles de Ké-Macina et Niono.
Seydou Idrissa Traoré était accompagné du délégué général des exploitants de l’Office, Abdoulaye Dao, du président de la Chambre régionale de l’agriculture, Mamadou Baba Koné, des directeurs centraux de l’ON ainsi que des responsables administratifs et des représentants des collectivités locales des zones visitées.

Contre-saison et maraichage

Le patron de l’Office est désireux de suivre pas à pas le déroulement de la campagne agricole en cours afin de recenser très vite les difficultés que les riziculteurs rencontrent et de les résoudre. Les différentes étapes de la mission se sont déroulées selon un scénario identique : visite des champs et des ouvrages d’irrigation, rencontre avec les producteurs et les partenaires, séance de travail avec les agents d’encadrement.

M’Bêwani, la plus récente des plaines aménagées dans la zone, a été la première étape de la tournée. Dans cette plaine, est prévu l’aménagement de 200 hectares pour porter l’étendue des surfaces cultivables à plus de 500 hectares. Des terres actuellement envahies par des termitières géantes seront aménagées pour la culture du riz de contre-saison et le maraîchage.

Les 130 exploitants des 390 hectares de Koumana se sont regroupés dans une coopérative dénommée Sabougnouma de Koumouna (COSAKO). L’initiative a été saluée par le PDG de l’Office Cette coopérative a reçu deux motoculteurs pour pallier son sous-équipement.

Dans cette plaine, le champ de Sidi Ibrahima Coulibaly, un paysan expérimenté, a attiré l’attention de la délégation. Ce paysan expérimente un système de semis en ligne ainsi que le repiquage du riz « pré-germé« . Cela avec succès si on en juge par l’aspect de son champ.


Étape suivante de la mission :

la zone de Niono. Ici, 12 058 hectares sont entièrement réhabilités avec maîtrise totale de l’eau et 500 autres hectares en hors casier. Le patron de l’Office et sa délégation ont constaté que, faute d’entretien, les plantes aquatiques nuisibles envahissent des canaux d’irrigation.

Dans la zone de Molodo, il ne suffit plus d’entretenir les réseaux de drainage, il faut carrément les réhabiliter car ils n’ont pas été entretenus depuis … 1953. Le répartiteur M3 long de 10 kilomètres était dans ce cas. Une opération de nettoyage mécaniques y a été engagée pour dégager le « tiffa« , une plante qui freine l’écoulement des eaux.

Une action similaire est en cours sur les 15 km du distributeur du Fala sérieusement obstrué par une couche dense de « salvania molesta« .
Dans la zone de N’Débougou, notamment à B1 Niombougou, la délégation a visité le champ de Sidi Yaya Traoré qui teste une technique de culture intensive du riz à travers le repiquage à intervalle de 25 et 35 cm.

Le repiquage est fait au cordeau. Le paysan a eu recours à un groupe de 12 filles, des écolières en vacance, rétribuées à raison de 25 000 Fcfa par hectare. À Fassoum, c’est un groupe de 30 femmes qui a initié un projet de production de fumure organique par le compostage. Le produit est vendu à ceux qui pratiquent le maraîchage et aux producteurs de riz.


Une variété de riz parfumé

Seydou Idrissa Traoré a ensuite rallié Kouroumari notamment pour s’y entretenir avec les femmes de l’association « Niessoumana« . Ces paysannes récoltent actuellement dans leurs périmètres du maïs qu’elles vendent sur le marché local. Rencontrant le Premier ministre Modibo Sidibé lors de sa tournée à l’Office, elles avaient sollicité un motoculteur pour accroître leur productivité. La requête a été réitérée à Seydou Idrissa Traoré.

Dans cette zone, le paysan Bamoye Touré, « point focal » de la recherche agronomique dans la zone, expérimente un système de semis à la volée en riz « pré-germé« . Le paysan prévoient qu’il récoltera entre 7 et 8 tonnes à l’hectare. Aménagée en 1982, la zone du Kouroumari s’étend actuellement sur 14 600 hectares.

A quelques centaines de kilomètres de là, précisément à Ké-Macina, dans une zone aménagée depuis 1935, Mme Tangara Assa Bassé Samaké, une enseignante à la retraite, expérimente une variété de riz parfumé récemment introduite dans notre pays par l’IER. Elle a produit 6 tonnes à l’hectare lors de la campagne passée. Cette année elle ambitionne de faire mieux en portant la productivité à 8 tonnes à l’hectare.

Ici, le PDG a demandé que lui soient communiqués les noms des jeunes ruraux qui ont vendu ou mis en location les cinq hectares affectés à chacun d’eux dans le cadre d’une initiative du chef de l’État. Mme Keïta Korotoumou Diarra qui fait partie de ce groupe de jeunes ruraux, est citée en exemple de réussite dans le cadre de cette initiative. C’est pour l’encourager que Seydou Idrissa Traoré lui a remis la clé d’un motoculteur.

Durant leurs discussions avec Seydou Idrissa Traoré, les paysans ont réaffirmé leur totale adhésion à l’Initiative riz et soulevé quelques difficultés comme l’insuffisance d’engrais phosphaté. Ils ont demandé au patron de l’Office du Niger des motoculteurs et des charrues pour les paysans éligibles aux crédits agricoles.


Effet dopant

Le producteurs se sont aussi inquiétés de l’envahissement des canaux d’irrigation par des plantes aquatiques nuisibles ainsi que de la dégradation de l’axe routier Niono-Diabaly qui grève les coûts de production et de commercialisation. Les paysans de la zone du Kouroumari ont insisté sur la nécessité de conduire une lutte précoce contre les oiseaux granivores « quéléas quéléas » qui infestent la zone.

Il a aussi été question de la divagation des animaux, du manque d’entretien du réseau tertiaire par les producteurs, du contrôle rigoureux des travaux d’aménagement et d’entretien par les entreprises. D’autres sujets importants comme le remboursement des crédits d’engrais contractés par des organisations paysannes et la certification des productions semencières ont été évoquées.
Le PDG de l’Office du Niger a, un peu partout, répété qu’il faut savoir tirer le maximum des terres aménagées dont dispose actuellement l’Office plutôt que de réclamer constamment leur extension.

Il a également insisté sur le respect des calendriers agricoles, des schémas techniques et sur le bon usage des technologies. Seydou Idrissa Traoré a invité les paysans à une utilisation rationnelle des ressources hydrauliques et à un entretien correct du réseau d’irrigation.

Se félicitant de l’aspect général des cultures, le patron de l’ON a souligné l’effet dopant de l’Initiative riz et surtout de la subvention des intrants agricoles sur les paysans. Cette ardeur décuplée doit être maintenue, parallèlement à la politique d’aménagement des terres et d’entretien du réseau d’irrigation, a-t-il préconisé.
Dans le cadre de l’Initiative riz, l’objectif de production assigné à l’Office du Niger est de 606 000 tonnes de riz paddy pour la campagne actuelle.


A.O. DOLO
AMAP-Ségou

22 Août 2008