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Aujourd’hui Oumou est la coépouse de Kadiatou après avoir été sa bonne. Elle a convolé avec le mari de sa patronne, qui avait juste 4 ans de mariage avec son époux. Les faits se sont déroulés à Sirakoro.

Kadiatou, dans son foyer, est le genre de femme de salon qui reste scotchée toute la journée à la télé, donnant des ordres à la bonne, et lui déléguant tout son rôle d’épouse et de mère. Tout au long de sa vie de couple, elle n’est jamais restée plus d’une semaine sans bonnes. Madame peut en embaucher jusqu’à trois et s’arrange toujours pour qu’elles ne rentrent pas toutes à l’approche de l’hivernage, comme cela est de tradition pour les bonnes. « Plus il en a mieux c’est » affirmait-elle.

Pour la toute première fois donc, KD venait de passer trois mois sans avoir d’aide-ménagère à son service. Il faut croire que cette fois-ci ni ses supplications ni son chantage n’a pu faire rester une de ses bonnes précédentes. Elles sont toutes parties l’une après l’autre avec de lourds arguments à l’appui. KD était donc toute seule face à ses obligations d’épouse. Elle avait parcouru toutes les agences sans succès, épuisé tous ses contacts mais toujours pas de bonnes !

C’est ainsi donc que OM une jeune fille du quartier lui fait la proposition de travailler pour elle, au moins jusqu’à ce qu’elle trouve une nouvelle aide-ménagère, une proposition que KD s’est empressée d’accepter.

En effet, OM qui guettait le mari de KD depuis longtemps avait minutieusement planifié son plan. Comme tous savaient que KD était une grosse paresseuse qui dépendait de ses aides ménagères, OM a donc décidé de mettre son plan à exécution : faire partir une par une les bonnes de KD et s’assurer qu’elle n’en trouve pas dans l’immédiat. Puis se proposer elle-même pour achever son plan. Tout s’est donc déroulé comme prévu. Elle en a même profité pour voler trois millions à KD issus d’une de ses tontines pour financer son mariage.

KD, depuis, ne prend plus d’aides ménagères, elle raconte son histoire à qui veut l’écouter pour servir d’exemple.

Soumba Diabaté

Le gardien a du flair

Abdoulaye est entrepreneur. Il est à ses débuts. Comme tous les Maliens, son plus grand souci est d’avoir un toit. Aussi, avec l’argent qu’il a pu se faire de ses premières opérations, il a acheté un terrain, et commencé à bâtir.

Quand le chantier est arrivé à un certain niveau, il a construit une annexe et recruté un gardien. Abdoulaye ne passait que rarement sur son chantier à Moribabougou, vue la distance entre sa résidence dans le quartier de Sébéninkoro et Moribabougou.

Marié depuis une dizaine d’années, il ne s’était pour autant pas rangé. Ainsi, il a fait la connaissance, d’une jeune fille qui était contrôleur sur un de ses chantiers. A force d’arguments et de présents, il est parvenu à conquérir le cœur de la jeune et belle contrôleur de chantier.

Le jour où la belle contrôleur a accepté de sortir avec lui, il se rend compte qu’elle réside jusqu’à Moribabougou. Cette distance ne découragera pas notre Don Juan. Mieux, il se rend compte que sa belle contrôleur loge non loin de son chantier. Abdoulaye voit là une aubaine : il a des chambres déjà fonctionnelles, avec des matelas posés à terre.

Ni un, ni deux, les voilà en route pour son chantier. Une fois sur place, sa surprise est de taille, en voyant l’attroupement et les véhicules arrêtés. Il se gare et fonce. Des gens qui font la queue lui crient dessus en lui disant d’attendre son tour.

Le gardien, devant le bruit, sort la tête pour comprendre ce qui se passe et voyant son patron, décampe sans demander son reste. Abdoulaye a viré tout ceux qui occupaient déjà les chambres. Il fera brûler matelas et draps.

 Jusqu’à ce jour, le gardien reste introuvable !

Soumba Diabaté

@Afribone