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Pour améliorer l’accès des populations à l’eau, Helvetas, à travers son programme « Accompagnement de la maîtrise de l’eau par les acteurs locaux », a mis en place un système de collecte des eaux de pluie (CEP) ou impluvium. Une solution innovante, réaliste et qui pourrait être une alternative à la crise de l’or vert dans nos pays.

Il n’est un secret pour personne, l’eau devient de plus en plus une denrée rare. Au cours de la dernière décennie, le niveau de la nappe phréatique a considérablement baissé dans la plupart des localités du Mali à cause de la désertification et la rareté des pluies. Et selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, plus de 3 milliards de personnes dans le monde manquent cruellement d’eau potable sur la terre. En Afrique, et particulièrement au Mali, la pénurie d’eau est plus critique dans les zones rurales. Et pourtant, les eaux de pluies coulent à flot pendant la période hivernale.

C’est pourquoi, Helvetas Mali, à travers son programme « Accompagnement de la maîtrise de l’eau par les acteurs locaux » (AM-EAU), a mis en œuvre, sur financement de la Coopération suisse, un système de collecte des eaux de pluie. Ce programme, qui s’inscrit dans l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement, vise à améliorer l’accès d’un plus grand nombre de personnes à l’eau.

« Il s’agit, selon le coordonnateur du programme Yacouba Diallo, de collecter l’eau de pluie à partir des toits en tôle des maisons d’habitations, infrastructures publiques, etc. Cette eau, propre, nécessite peu ou pas de traitement avant son utilisation ». Les eaux de pluies sont recueillies dans de petites citernes en ferrociment d’une capacité de 10 à 50 m3 et qui comprennent un réservoir de stockage, un système de trop-plein, de vidange et de puisage, une gouttière, un tuyau d’amenée, un tuyau de nettoyage ou d’évacuation des premières eaux de pluie, un entonnoir pour faciliter le drainage de l’eau. Cet ensemble est posé sous la toiture en tôle des habitations ou des lieux publics. Il peut, en outre, être hors sol ou enterré dans des endroits où la nappe est profonde.

Bonne qualité

En partenariat avec la fondation néerlandaise, Rainwater Harvesting Implementation Network (RAIN), le programme AM-EAU a déjà réalisé 24 impluviums dans un village de chacun des cercles de Bougouni, Kita, Diéma et Nioro du Sahel. « Les ouvrages réalisés par Helvetas ont un volume de 10 m3 et coûtent en moyenne entre 400 000 et 600 000 F CFA. Ils ont été réalisés avec une participation des bénéficiaires en espèces de 30 à 40 000 F CFA et en nature à travers la fourniture des matériaux locaux de construction et la main d’œuvre non qualifiée », a expliqué M. Diallo.

Selon lui, ces citernes permettent d’approvisionner un ménage moyen de 10 à 15 personnes pendant 6 à 7 mois en raison de 3 litres par personne et par jour si l’eau est utilisée seulement pour les besoins domestiques de boisson et de préparation des nourritures. Autres avantages, soulignera-t-il, « la CEP signifie la fin de la corvée d’eau des femmes et des filles, une occupation qui absorbe la majeure partie de leur temps et qui a une incidence négative sur leur développement économique. L’impluvium ne nécessite aucun transport car l’eau est utilisée sur le lieu où elle a été collectée. En plus, les outils de collecte sont facilement reproductibles au niveau local ».

Pour ce qui est de la qualité de l’eau collectée, M. Diallo assure que des études menées au Burkina ont démontré qu’elle est de très bonne qualité. Toutefois, a ajouté le coordonnateur du programme, pour garantir davantage la qualité de cette eau, un dispositif de déviation des premières eaux de pluie en forme de « T » est fixé sur la conduite d’amenée dans la citerne. Ces premières eaux servent, avec des systèmes de chloration, à nettoyer les toits en tôle de tous détritus, saletés et dépôts accumulés.

Sidiki Y. Dembélé

03 septembre 2007.